Le site d'un musulman libre penseur 

L'islam Originel

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RÉPONSE A DAN GIBSON OU L'ISLAM DE PÉTRA

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RÉPONSE A LA THÈSE DU PÈRE GALLEZ

REMARQUE PRÉLIMINAIRE

-Avant de commencer lecture de notre réplique à la thèse du Père Gallez, je conseil notre  réponse à OLAF  qui a vulgarisé cette thèse dans un livre accessible intitulé "Le grand secret de l'islam".

-Une mise à jour récente de l'étude ci-dessous est disponible en cliquant sur ce LIEN


PREMIERE PARTIE

I/Introduction

Les dégâts causés par les musulmans fanatiques ont provoqué une nouvelle vague d'écrits et de productions audiovisuelles sur l'islam et ses origines, l'arrière-pensée est de faire admettre aux musulmans que leur texte sacré est à l'origine de ce désastre, et donc tenter par tous les moyens de désacraliser leur texte fondateur, dans la perspective de traiter la cause première du fanatisme et de l'extrémisme aveugle. 

En parallèle à cette entreprise compréhensible, se rajoute l'activité des missionnaires chrétiens dans une perspective de conversion passant par deux étapes ; la première consiste à démontrer que l'islam n'est qu'une contrefaçon, un dévoiement du christianisme et la deuxième serait en toute logique, de ramener les brebis égarées au bercail par la conversion au Christ, seule et unique voie pour accéder au salut. Pour mener à bien cette mission, il n'y a pas mieux que de présenter une critique qui se veut scientifique de l'islam en se basant sur les dernières recherches en la matière.

Remarquons qu'en milieux chrétiens, vous n'entendrez jamais parler des dernières recherches sur le Bouddhisme ou sur l'Hindouisme, car il n'y a rien de passionnant qui puisse attirer l'attention ; par contre quand il s'agit de parler d'islam et de ses origines on est à l'affût des dernières trouvailles surtout quand cela remet en cause les connaissances acquises.

Les études sur les origines de l’islam relayées dans les milieux chrétiens, partagent toutes l’idée principale et très ancienne, datant de Jean Damascène : l’islam ne serait qu’un dévoiement du message du christ, une hérésie chrétienne ayant réussie pour raisons eschatologiques de domination messianiste.

Les auteurs modernes recyclent cette idée de manière plus savante en parlant de phénomène postchrétien, de l'influence des écrits bibliques et parabiblique, de l'influence de la communauté de Qumran, des manichéens, des Mandéens, des  Judéo-Nazaréens ... etc.

Faisons d’abord un résumé des deux approches des origines de l’islam selon l’islamologie moderne, ceci est très important pour comprendre la stratégie des missionnaires chrétiens 

 

 

La critique rationnelle

La critique radicale (révisionniste)

Paradigme

1-On reste dans le cadre du paradigme Nöldekien :

 

Apparition de l’islam en Arabie du VIIe à la Mecque puis Médine,  selon les grandes lignes données par la tradition islamique tout en sachant qu’elle est tardive et non fiable car  contradictoire en ce qui concerne les détails.

 

2-La démarche bien qu’elle respecte le cadre général de la tradition islamique, elle s’emploie à écarter les aspects légendaires et procède à des recoupements au niveau des sources afin de tenter de dégager les faits historiques

 

1-Ce n’est pas un paradigme alternatif mais c’est une posture qui vise à dépasser le paradigme Nöldekien : l’objectif étant la déconstruction, c’est-à-dire  casser à tout prix le paradigme Noldékien jugé trop islamopartisant et dépendant des sources islamiques

 

2-Sources islamiques : ne serait qu'une légende tardive écrite aux 8 -9 ème siècles de notre ère, les chercheurs de cette tendance opèrent selon deux approches :

Soit le rejet en bloc de toute la tradition pour certains auteurs . Soit la sélection de certaines sources qui corroborent l’idée préconçue pour d’autres.

 

Arrière fond

-Compte tenu de la rareté des sources contemporaines à l’apparition de l’islam, il n’y a pas d’autre choix que d’étudier la tradition islamique tout en adoptant une attitude critique par les outils d’analyse modernes dont épigraphie, philologie, critique historique

 

-Ici l’absence de preuves n’est pas forcément une preuve d’absence

 

-L’islam pose problème en occident, il faut lui régler son compte par une approche déconstructiviste.

-L’élément majeur est : l’absence de preuves => absence de fait relaté par la tradition.

Exemple : pas de témoignages explicites* sur l’existence d’un sanctuaire arabe avant l’ère islamique (Kaaba) => c'est que la Kaaba n’a jamais existé.

(*) en cas de témoignages, ceux-ci  seront réinterprétés de manière à écarter toute valeur positive

Points forts

Se base sur des éléments matériels comme les parchemins, les graffitis, la numismatique…etc

-Permet l’avancement de la recherche scientifique par la critique des textes/matériaux, -Alimente les débats, interpelle l’école classique par ses remises en questions.

Points faibles

Absence de critères consensuels de sélection dans la tradition islamique

C’est la volonté de déconstruire pour reconstruire sur le vide et proposer des explications nouvelles parfois impliquant un complot de grande envergure

Exemples de projets en cours

CORANA

CORANICA


Early Islamic Studies Seminar (EISS)

Auteurs anciens

 

(Liste non exhaustive)

 

-Alois Sprenger

-Theodor Noldeke

-Gotthelf  Bergstrasser

-Friedrich Schwally

-Otto Pretzl

-Gregor Scholer

-Nabia Abbot

-Fuat Sezgin

-Alphonse Mingana

-Günter Lüling 

-Ignaz Goldziher

-Joseph Schascht

-Juynboll GHA

-Alfred Louis de Prémare

-John Wanstrough

-Gerd Rudiger Puin

 

 

Auteurs contemporains

 

(Liste non exhaustive)

 

-Angelika NEUWIRTH

-François DÉROCHE

-Michael MARX

-Christian ROBIN

-Fred Donner

-Jacqueline Chabbi

-Laïla NEHMÉ

-Michael MACDONALD

-David KILTZ

-Frédéric IMBERT

-Thomas Burman

-Marie-Geneviève 

-Mauro Nobili

-Patricia Crone(élève de J Wanstrough)

-Michaël Cook

-Christoph Luxenberg

-Claude Gilliot

-Guillaume Dye

-Manfred Kropp

-Emilio Gonzalez Ferrin

-Carlos A. Segovia

-Tommaso Tesei

-Albert I. Baumgarten

-Gabriel Said Reynolds

-Herbert Berg

-Emmanouela Grypeou


Tableau : les deux  tendances d’islamologie savante © Ahmed amine


Le tableau ci-dessus vise à donner une idée générale sur les orientations de la recherche actuelle en islamologie. Il n’a pas pour but de citer les noms de tous les spécialistes en la matière ni de les cataloguer d’autant plus que certains chercheurs adoptent parfois les deux postures à la fois, c’est-à-dire qu’ils ne sont ni Nöldekiens, ni Hypercritiques.


II/ La stratégie des missionnaires chrétiens pour discréditer l’islam a des fins de conversion


1-Faire appel aux travaux de la critique radicale (cf tableau) qui permettent, par le rejet des sources musulmanes, de libérer beaucoup d’espaces blancs, facilitant ainsi d’imaginer toute sorte de scénarios, selon un plan préétabli. Et ne jamais citer les travaux allant à l’encontre du scénario supposé (pour plus d’infos voir ma page web ).

2-Utilisation de deux poids deux mesures quant à l’utilisation des sources :

Rejet des sources musulmanes comme Al-Tabari ou ibn-Hicham quand il s'agit de parler d'islam est acceptation des sources chrétiennes telle que Épiphane, Eusèbe ou Justin quand il est question du christianisme.

3-Utilisation de la théorie de ressemblance ==> emprunt :

A titre d'exemple un texte A présente des similitudes avec un texte B ==> c'est que l’auteur du texte A  a plagié ou emprunté sur le texte B, alors qu’il reste a la possibilité qu’ils aient une source commune ou bien c'est que  l’auteur du texte B qui a copié sur le texte A s'ils sont de la même époque.

Je cite à titre d’exemple l’allégation qui consiste à dire que la légende syriaque du roman d’Alexandre serait à l’origine du récit de Dhul Quarnain dans le Coran 18:83 .

Le propos repose sur deux constats:

 1-La similitude des deux textes du récit légendaire d’Alexandre le grand avec la péricopes coranique de Dhul-Qarnaïn . On peut résumer les similitudes en quelques points :

 2-La datation du coran versus celle de la Neshana : la plus ancienne version complète du Coran ne date pas avant la fin du 8ème siècle alors que celle de la Neshana est de 629 au plutôt selon l’analyse intra-textuelle de la légende.

Si nous adoptons la méthode qui repose sur les éléments factuels, nous disposons des textes suivants :

1-La vie d’Alexandre le Grand, récit historique daté du  IIIème (pas de manuscrit)

2-Le roman d’Alexandre du pseudo-callistinès daté III-IVème (pas de manuscrit)

3-La version syriaque  dite « Neshana », pas de manuscrit original non plus, pas de témoin textuel avant le XVIIIème siècle !!

4-Le texte coranique : manuscrit de la deuxième moitié du VIIème siècle (Manuscrit de Sanaa)

Finalement l’analyse effectué par Noldek, Van Bladel, Tommso Teisi repose uniquement sur un des éléments philologiques à savoir la déduction d’une datation d’après un texte dont on ne dispose pas témoin textuel préislamique ou même contemporain de l’époque de la rédaction du Coran.

En effet, le plus vieux témoin textuel de la légende daterait du XIIIème siècle et c’est avec ce document que nos experts –suivant la méthode factuelle- s’empressent à postuler l’emprunt !

N’est-il pas tout à fait légitime de se demander si ce n’est pas l’auteur chrétien de la version syriaque qui a pu rajouter des détails spécifiques à partir du récit coranique ?  ( Yagog et Magog, la muraille de fer et d’airain…etc). Cette possibilité a été évoquée par Van Bladel mais il l’a vite écarté en disant qu’un emprunt ne pas être plus long que le texte d’origine !  Nous disons qu’est ce qui empêcherait un auteur d’étoffer un récit existant par d’autres éléments extérieurs, surtout dans un monde où l’oralité jour un rôle de premier ordre ?

Nous consacrerons une étude plus détaillée sur ce sujet ; mais en attendons, nous présentons ce schéma résumant la problématique.



De de tout évidence l'application du même principe fait voler en éclat, non seulement l'islam mais tous les fondements de la religion judéo-chrétienne et du monothéisme tout entier, car:

1-Le déluge ne serait que le plagiat de l'épopée de Gilgamesh

2-Moise ne serait que la reprise de l'histoire de Sargon d'Akkad sauvé des eaux

3-Jésus ne serait que la reprise du culte d'Horus-Isis, de Krishna (cultes à Mystères)

A titre d’exemple, le lecteur peut lire les livres de MD. Murdock comme Christ In Egypt ou A Pre-Christian God

 

* Visiter aussi ce site , ou celui là  peut on conclure que le christianisme serait issu des cultes Égyptiens ?


Figures suggérant que la christianisme aurait des racines Egyptiennes

Ces sites essaient de démontrer que le christianisme serait issu des cultes à mystères d’origine orientale, peut-on prendre au sérieux de telles allégations?

En temps utile nous reviendrons sur toutes ces questions qui méritent une étude à part dans le cadre d’un article sur le monothéisme et ses origines.


III/ Mise au point par rapport l'histoire du christianisme

Le postulat de base est que les hérésies chrétiennes sont immanquablement postérieures à l’établissement de l’orthodoxie, nous allons voir que ce n’est pas aussi simples que cela, cet état de fait est loin d’être acquis comme on va le voir en détail par la suite ; mais on peut déjà avancer que le Nazaréisme (1,2) qui a été considéré après les pères de l’Église comme une hérésie parmi tant d’autres, existe déjà dès le première siècle voire même avant le ministère de Jésus le Nazaréen.

Des écrivains chrétiens tardifs comme Tertullien, Eusèbe de Césarée et Épiphane de Salamine affirment que le terme Nazaréen/Nazoréen* constitua en réalité la plus ancienne dénomination des disciples de Jésus. Eusèbe écrit : « Nazareth  Sur la base de ce nom, le Christ fut appelé nazaréen et nous qui sommes présentement dénommés chrétiens avons reçu dans le passé le nom de nazaréen. »

Épiphane de Salamine confirmera dans son Panarion notice 29 : « Pareillement, tous les chrétiens furent autrefois appelés nazaréens. » (2)

IV/Le mouvement de Jésus le Nazaréen

Pour reconstruire l’origine du christianisme, je n’ai pas trouvé mieux que le schéma utilisé par: le Professeur émérite François Blanchetière publié dans sont article intitulé «reconstruire les origines du christianisme, le courant Nazaréen » que je recommande particulièrement (3), vous pouvez aussi écouter l’intervention de ce spécialiste, en suivant ce le lien indiqué en référence(4). L’idée principale est que le courant des disciples de Jésus s’est divisé pour des raisons de conflits interne au sein de l’Église primitive, entre les partisans de Jacques le Juste évêque des évêques et premier chef de la communauté et les partisans de Paul de Tarse apôtre des gentils.

Bien que camouflés dans les écrits chrétiens, ces conflits internes ont laissé des traces dans le nouveau testament comme dans les Actes des Apôtres, il s’agit surtout de la mission de Pierre en Palestine et des suites de la « conversion » de Corneille rapportées en Actes 10, 1-48 et 11, 1-18 qui met en opposition Pierre et la communauté de Jérusalem dirigée par Jacques le juste.

Et du conflit d’Antioche et de la réunion de Jérusalem mentionnés respectivement en Ga 2, 11-21 et en Ga 2, 1-10 / Ac 15, 1-35 qui met en opposition Jacques (et Pierre) d'une part et Paul de l'autre.

Ce conflit opposant Jacques a Paul se termine en 57 EC par un événement significatif où  Jacques ordonna à Paul de se repentir publiquement de ses croyances,  il l'a sommé de participer au rigoureux rituel de purification au sein du temple de Jérusalem.

Jacques le juste confie alors à Paul : " quatre hommes sont tenus par un vœu " et lui donne l'instruction de: "Emmènes-les, joins-toi à eux pour la purification et charges-toi des frais pour qu'ils puissent se raser la tête "  Actes 21,23-24. Luc décrit ici le voeu de Naziréat (Nombre 6,2).

Les Nazirs pratiquent la strict observance de la loi. Jacques sachant les opinions de Paul sur l'application loi, lui demande de faire un tel rituel revient à lui faire admettre publiquement son repentir et prouver à l'assemblée de Jérusalem que Paul est revenu totalement sur ses prêches appelant à abandonner la loi qu'il propageaient depuis des années.

Nous disposons aussi d'un autre témoignage bien que tardif mais très similaire, il s'agit du Roman pseudo-clémentin qui compile des documents sans doute plus anciens, l'une d'entre eux s'appelle Reconnaissances, qui se fonde lui-même sur une tradition ancienne intitulée l'Ascension de Jacques, elle relate une altercation très violenté entre Jacques frère de Jésus et un inconnu désigner comme "l’ennemi " et qui finit par jeter Jacques au plus bas degré du sanctuaire lui provoquant une grave blessure. On pense que l'ennemi en question n'est autre que Saül de Tarse ( Reconnaissance 1, 70-71).


Ces conflits plus ou moins minimisés par l’Église (5, 6)  ont conduit le mouvement Nazaréen et se diviser en deux groupes:

a) Le groupe « Hellènes »

C'est celui des disciples de Paul
, devenu majoritaire et organisé, il donnera naissance plus tard à l’orthodoxie catholique et Romaine (Jésus Dieu fait homme, dogme trinitaire, abolition de l’ancienne alliance dont le signe est la circoncision). Il faut préciser d'emblée que le dogme trinitaire est issu de ce mouvement paulinien sans pour autant imputer à Paul la conception trinitaire de la divinité, car Paul de Tarse était sans doute unitarien à en croire Luc qui rapporte ses lettres et épitres, il ne considérait pas Jésus égale au Père comme les trinitaires.

b) Le groupe « Hébreux »

C'est celui des disciples de Jacques frère du Seigneur Jésus, devenu minoritaire, il donnera naissance aux mouvements non organisés qui seront jugés comme hérétiques par l’orthodoxie (Jésus homme approuvé par Dieu, respect de l’alliance).

Schéma illustrant le schisme initial à l’origine Nazaréenne du christianisme (source : référence 3)

V/ Le dogme trinitaire issu du mouvement Paulinien

La doctrine trinitaire est dominante aujourd'hui chez les chrétiens, elle a été fixée définitivement lors du concile œcuménique de  Nicée en 325 de notre ère,  ce fut le lieu d’une grande controverse au sein de l’Église.Nous avons déjà  précisé que cette conception trinitaire est née dans le courant Paulinien sans que cela signifié que Paul en soit le fondateur.

Quel en était l’objet ?: Statuer sur la divinité de Jésus et la formulation de la doctrine trinitaire, qui n'est pas citée explicitement dans les Évangiles.

Les pères de l’Église ont eu différentes interprétations concernant les versets qui font allusion à la trinité (éparpillés dans les 4 évangiles).

Ce dogme était loin d'être explicite et consensuel, d'où la grande controverse. 

Avant le concile de Nicée, les suiveurs de Jésus (les Nazaréens) n’étaient pas tous d'accord au sujet de la nature de Jésus. 

Il y avait même plusieurs groupes, pour simplifier nous citons que les deux groupes les  plus influents :


1-Les pro-trinité ou groupe "orthodoxe" 
partisans d'Athanase, archidiacre de l’église d’Alexandrie.


2
-Les anti-trinité ou unitariens dont les Ariens, partisans d'Arius, diacre de la même église.


À l’ouest, dans la partie latine, avec Rome pour capitale, la plupart des gens étaient partisans d’Athanase, tandis que la partie orientale et grecque de l’Empire romain était en majorité favorable à Arius et eut finalement pour capitale Constantinople.


Que croyaient les unitariens ?
 : Ils étaient attachés à la “doctrine selon laquelle: Jésus le Fils est inférieur à Dieu le Père et de substance différente parce qu’il a été créé par Dieu et est venu à l’existence après Lui”.


Que croyaient les trinitaires?
 : Selon leur doctrine on définit aujourd’hui la trinité comme la “personnalité triple de l’unique Être divin” dans laquelle ‘Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit’ sont dits être de la même substance, co-égaux et tous trois incréés et tout-puissants.


Pour les Nazaréens Judéo-Messianistes des origines
, Jésus était un homme-prophète sans plus : cf. Actes 2:22 "homme Israélite, écoutez ses paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a fait par lui...").


Dans
 les Évangiles canoniques, jamais Jésus n'évoque de manière explicite les dogmes actuels:

-Qu’il serait le fils de  Dieu, ou la troisième personne d'une Trinité (votée en 325 à Nicée)

-Le péché originel porté par tous les hommes suite à la faute d'Eve

-Le sacrifice de Jésus pour laver le péché originel et racheter l'humanité

-La rédemption par la seule foi dans le sacrifice de Jésus selon la doctrine de Paul de Tarse.


CONCLUSION DE LA PARTIE INTRODUCTIVE

Dans le schéma proposé par François Blanchetière, on constate que l’islam est présenté comme une continuité de la voie des Nazaréens(7) ceux qui sont restés fidèles à l’enseignement de Jésus et sa première communauté dirigée par Jacques, avant l’apparition du schisme lié à l'intervention de Paule de Tarse.

L'idée que le prophète Muhammad aurait pu croiser des moines Nazaréens ou plutôt Ebionites, lors de ses voyages en Syrie ne devrait pas réveiller les soupçons chez le croyant musulman.

En effet ceci est relaté dans certaines chroniques musulmanes, comme al-Tabari qui évoque l’évanescent Bahira ou le fameux Waraqa B.Nawfal en plus des récits qui relatent la vie de certains Hanifs en Arabie.

Certains auteurs sélectionnent ces récits pour construire une thèse sur la formation de Muhammad avant sa prédication, d’autres rejettent la tradition musulmanes en bloc, dans les deux cas nous sommes en face à des problèmes d'ordre méthodologique, en l'absence de critères objectifs et consensuels chez les musulmans, comme chez les islamologues contemporains, pour sélectionner les éléments authentiques dans la tradition (Hadiths & Sirah). Rappelons que celle-ci a été écrite 150 ans après les faits et dont l’ouvre originale a été perdue.

Donc l'idée que le prophète aurait pu être attiré dès son jeune âge par les courants monothéistes répondus dans la région, tel que les Hanifs, les Sabéens ou les Nassârâs/Nazarénes  ne doit pas remettre en cause sa prophétie par la suite. L’histoire des prophètes antérieurs nous apprend par exemple que Jésus a été envoyé dans un milieu monothéiste juif, il a prêché en connaissance de la Torah, pour réformer le Judaïsme archaïque.

De la même manière, l’on peut concevoir que Muhammad aurait pu méditer sur les enseignements monothéistes diffusés oralement à son époque en Syrie et en Arabie, comme le rapporte la tradition islamique elle-même. En effet il est fait mention de retraites spirituelles dans la fameuse grotte du mont Hira, avant d'être élu par Dieu pour apporter une Écriture révélée à l’instar de la Torah, un rappel destiné d’abord aux Arabes de la péninsule afin qu’ils  soient les témoins pour le reste de l’humanité (C 2 :143).

Par contre nous pensons que le phénomène de la révélation doit être conçu autrement que comme une « dictée orale » comme le soutient la tradition musulmane. En effet, une analyse holistique du texte sacré ne retrouve aucune indication quant à une dictée orale opérée par l’agent de la révélation, le phénomène de révélation est assez complexe pour que nous puissions le résumer en quelques lignes, mais  le mécanisme s’apparente à une inspiration impliquant les connaissances sémantiques du prophète et une intervention active de l’agent de révélation afin de sélectionner dans son stock sémantique le message à délivrer sans la participation, ni du conscient, ni de l’inconscient de Muhammad, selon des modalités résumées dans le Coran de cette façon :

 « Dis: «Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c'est lui qui, avec la permission de Dieu, a fait descendre sur ton Qalb (Cœur spirituel) cette révélation qui déclare véridiques les messages antérieurs et qui sert aux croyants de guide et d'heureuse annonce» Coran 2:97 .

« Ce (Coran) ci, c'est le Seigneur de l'univers qui l'a fait descendre,  et l'Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur spirituel, pour que tu sois du nombre des avertisseurs » Coran 26:192 -194 .

NB : le mot Qalb est souvent mal traduit par Cœur, il ne s’agit aucunement du muscle cardiaque, le Qalb, désigne le cerveau ou plus spécifiquement l’organe de la conscience et de la spiritualité.

Le fait de dire que le Coran ne parle pas franchement d’une dictée orale faite par l’ange de la révélation à Muhammad, cela  n'exclut pas la vision réelle de l'ange par le prophète Muhammad.

En effet le coran témoigne de deux visions de Muhammad de l’ange Gabriel, qui est venu lui signifier son élection divine et annoncer le début de sa mission prophétique, un comme la vision de Mariam quand elle a reçu l’ange pour lui annoncer la naissance d’Issa*

Il faut préciser que le Coran évoque seulement deux apparitions de l'ange au prophète, contrairement à la tradition qui le fait apparaître au prophète davantage, parfois même sous forme humaine pour enseigner directement aux compagnons les règles de la religion dans des hadiths que je crois inventés de toute pièce.

Enfin notons que l'hypothèse de l'origine Judéo-Nazaréenne de l'islam a été développée et présentée par des missionnaires chrétiens, de manière à discréditer l'islam, selon la grille de lecture du dogme chrétien, dans le sens qu'il s'agit d'un phénomène messianiste post-chrétien, intrinsèquement violent et ayant une vision expansionniste dont le but serait la reconstruction du temple de Jérusalem afin de hâter la venue du Messie de la fin des temps. Le travail le plus abouti est celui du Père Édouard Marie Gallez, soutenu à la faculté de théologie de Strasbourg et vulgarisé récemment par plusieurs auteurs tel que : Olaf, Michel Benoit ou Leila Qadar...

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* Issa du Coran est souvent confondu aussi bien par les musulmans que par les chrétiens avec Jésus des Évangiles, nous consacrerons une étude à part concernant cette confusion.

Remarque sur le qualificatif Nazaréen & Nazoréen

D’après le Dictionnaire  Encyclopédique  de  la  bible ; édition BREPOLS 1987. Article NAZARENIEN, NAZÔREEN, page 892 :

On aurait tort de regarder les deux mots comme interchangeables, Ils doivent au contraire être soigneusement distingués, et il n’est pas exclu que la variété de leur emploi ait une incidence sur l’énoncé, tout au moins, du problème synoptique.

-Le premier Nazaréens (gr. Nazarènos) a incontestablement le sens de “natif de Nazareth”, ou “habitant de Nazareth". On ne le trouve que chez Mc (1,24 ; 10,47 ; 14,67 ; 16,6) et, deux fois, chez Lc (4,34 ; 24,19).Il équivaut à l’expression “le (ou) celui de « Nazareth » (ho apo Nazareth) de Mt 21,11, Jn 1,45 ; Ac 10,38 ; il ne présente donc pas de difficulté.

-Le second Nazöréen (gr.Nazöraios), qui est notablement plus fréquent, et qui s'il ne se rencontre qu’une seule fois chez Lc (18,37 = Mc 10,47), est le seul terme employé par Mt (2.23; 26,71), Jn (1S,5.7; 19,19) et Ac (2,22 : 3,6 ;4,10 ; 6,14 ;22,8 ;24,5 ;26,9),Pareille appellation est assurément primitive: témoin, son étrangeté même. Si Luc l'a “corrigée” (E. Schweitzer,TWNT, VIII, 379, note 311) en Nazarénos, ce n’est pas, apparemment, qu'il ait Considéré les deux épithète comme synonyme ; c'est plutôt qu'il a voulu épargner à ses lecteurs, issus pour la plupart de milieux hellénisants, un terme dont la signification leur eût échappé.

Mais quelle est-elle donc, cette signification ?

C’est là, disons-le tout de suite, un problème qui reste très débattu.

Pour approfondir la question je suggère en plus des références ci-dessous le site suivant:

http://456-bible.123-bible.com/calmet/N/nazareen.htm

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Existait-il deux Jésus ?

-Un Jésus Nazaréen, le prophète réformateur de la thora, faiseur de miracles, et
-Un Jésus Nazoréen, le nationaliste zélote, crucifie de Ponce-Pilate (Pour trouble à l'ordre public et surtout pour sa prétention royaliste au trône de David)
-Cette question sera traitée ultérieurement dans un article à part.


Références

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jud%C3%A9o-nazar%C3%A9isme

(2) http://nazarenespace.com/page/panarion-29-the-nazarenes

(3) http://bcrfj.revues.org/229

(4) http://www.akadem.org/sommaire/colloques/rome-jerusalem-ou-qoumran-d-ou-vient-le-christianisme-/les-nazareens-disciples-de-jesus-08-05-2007-6931_4205.php

(5) http://asr.revues.org/954

(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_%C3%A0_Antioche

(7) La voie des Nazaréens aux éditions Nawat 2015 :http://www.amazon.fr/VOIE-DES-NAZAREENS-lh%C3%A9ritage-contemporain/dp/2919734091

(7') Vidéo en rapport  :https://youtu.be/5D0kJrFFBZc



DEUXIEME PARTIE


PRÉSENTATION DE LA THÈSE D’EDOUARD-MARIE GALLEZ

Il serait bien périlleux de résumer les 1000 pages de démonstration réalisée par le Père Gallez dans son livre « Le Messie et son prophète » (paru en  2 tomes aux éditions de Paris), je renvoie donc le lecteur intéressé vers le livre en question ou de consulter la vulgate réalisée par Odon Lafontaine ou Olaf qui a fait une bonne synthèse, cf. «  Le grand secret de l’islam » disponible gratuitement sur le net (1).

Le lecteur peut aussi se procurer le livre de l’ex-moine Michel Benoit «  Naissance du Coran », Blog : http://michelbenoit-mibe.com/2014/05/le-livre-de-michel-benoit-sur-le-coran-vient-de-paraitre/

Et pour les plus paresseux, je suggère ce site internet (évidemment chrétien) « le mystère des origines de l’islam enfin éclairci »: http://www.salve-regina.com/salve/Le_myst%C3%A8re_des_origines_de_l'Islam_enfin_%C3%A9clairci


1) Les grandes lignes de la thèse d’Édouard Marie GALLEZ

Évacuation de la tradition islamique :selon les auteurs de l’hypercritique, elle serait apologétique, non fiable, tardive, contradictoire et remplit de légendes ce qui est relativement vrai, mais ces affirmations sont faites en se basant sur une partie des œuvres orientalistes dont le chef de fil était Ignaz Goldziher suivi par Henri Lammens, Joseph Schacht et Juynboll GHA...

Cette tendance a été sévèrement critiquée par d’autres spécialistes tels Nabia Abbott, Fuat Sezgin, Harald Motzki, Grégor Scholer, Andréa Goerke...etc., le problème des auteurs partiaux c’est le fait qu’ils se basent souvent sut les premiers et ferment les yeux les seconds et osent parler d'approche historique des débuts de l'islam !

La méthode consiste dans un premier temps à nier presque l’intégralité (90 % des sources) de l’histoire musulmane officielle qui est pourtant attestée par une quantité de textes issus de courants parfois antagonistes (Chiites, Sunnites, Ibadhite...etc.), et dans un second temps les auteurs de l’hypercritique inventent une histoire alternative, et recherchent en troisième lieu le moindre petit indice (des 10% restantes) qui pourrait s’insérer dans le nouveau puzzle afin de faire émerger un scénario plausible.

Pour caricaturer un peu on peut citer les thèses qui partent d’un mot comme « Kawather », ou « Kalalah » ou même le mot « Qura’an » lui-même pour bâtir une thèse sur l’origine araméenne du texte en question ; alors que ceci est mieux rendu dans le cadre de la langue arabe.  

Peut-on déduire l’origine américaine d’un auteur qui écrit un roman en Français sur la base de la présence, dans son texte de quelques mots en Anglais ? Si on concède sur ce procédé qui consiste à faire table rase de toutes les sources musulmanes, on peut défendre n’importe quelle thèse aussi farfelue soit-elle par la recherche d’éléments convergents.

Certains historiens sont même parvenus en utilisant cette méthodologie douteuse à prouver que Jésus n’était rien d’autre que Jules Cesare ! (cf Francesco Carotta in Jésus was Caesar ).

 L’islam serait un phénomène postchrétien, une branche « hérétique » du christianisme issue de la secte des Judéo-Nazaréens : l'idée que l'islam serait une secte hérétique est très ancienne datant dès le début de l’islam (Jean Damascène). La nouveauté dans les travaux de Gallez c'est l'influence de la communauté de Qumran (tradition non rabbinique et anti chrétienne)

La remise en question du rôle de la Mecque : le berceau de l'islam ne serait la Mecque -qui selon P.Crone, n’a probablement pas existé avant l’ère islamique ou si elle avait existé elle n'avait pas le rôle qu'on lui attribue – donc  l’origine de l’islam serait le nord de la Syrie (P.Crone, c’est la nouveauté ).

Le père Édouard M Gallez fait observer à titre d’exemple que le Coran interdit de chasser le poisson pendant les mois sacrés (C5.96). Et comme il n’y a pas de mer à la Mecque, c’est donc une preuve que la tribu des Quraychs n’est pas de la Mecque. Elle se situerait plutôt près de Latakia sur la côte syrienne ! Ceci est un exemple représentatif de la myopie intellectuelle des chercheurs révisionnistes ayant évoqué ce genre d’arguments. La Mecque n’est pas « en plein désert », mais se situe à seulement 80 km de celle-ci. Pourquoi situer les Qurayshites au nord de la Syrie, alors qu’ils sont proches de la côte ? D’autant plus que les exégètes du Coran expliquent que ce verset a été révélé pour autoriser la pêche aux tribus côtières d’Arabie. Les gens de la tribu des Banu Mudlaj de la côte du Hedjaz ont questionné le Prophète après que l’interdiction de chasser ait été prescrite aux pèlerins en état de sacralité.

NB: Une autre thèse qui situe la naissance de l'islam à Pétra en Jordanie me paraît plus convaincante au regard des preuves avancées, il s'agit de la théorie de Dan Gibson in Quranic Geography que nous avons vulgarisé récemment (cf. L'islam de Pétra, édition BoD 2018).

L’immigration des Muhadjirines : cette immigration aurait été faite directement de la Syrie vers Yathrib (Patricia Crone), découvertes archéologiques en Syrie en faveur de communautés judéo-chrétiennes  (Claudine Dauphin).

Projet messianiste, reconstruction du temple: focalisation par le père GALLEZ sur la conquête de la Palestine et la construction d'une mosquée  pour faire valoir l'idée d'un projet messianiste visant la reconstruction du temple à Jérusalem alors que les conquêtes des Arabes ne visaient pas que la Palestine, ils ont construit également une mosquée dès qu’ils sont arrivés en Égypte,  un chapitre à part sera nécessaire pour analyser les témoignages d'époque de l'émergence de l'islam et ses premières conquêtes (20 et 21).

Le Coran  aurait une histoire de composition, d’écriture et de réécriture, il aurait subi un processus de rédaction dont les premières strates remontent à des logia ou à un lectionnaire Syro-araméen utilisé par les Nazaréens (proto-Coran, thèse de Luling reprise par Christophe Luxenberg).

Les califes de l'islam ont réalisé le plus grand complot de toute l’histoire humaine grâce à des scribes et des théologiens pour réécrire tout un passé fictif qui consolide leur pouvoir en créant une nouvelle religion, un lieu de culte la Kaaba, une figure prophétique, Muhammad pour faire pièce Moïse et à Jésus . Ce complot grandiose implique que les Califes et leurs collaborateurs ont tâché d’effacer de la mémoire collective, sur un territoire aussi vaste que le proche orient; par je ne sais qu’elle baguette magique, tout ce qui pourrait rappeler l’immigration des Muhadjirines de la Syrie vers Médine. Ils auraient réussi à faire oublier le supposé pacte entre les Judéo-Nazaréens et les Arabes convertis au proto-islam et surtout inventer des rites, des coutumes, de nouvelles généalogies arabes se réclamant de différentes tribus plus ou moins prestigieuses, là il ne s’agit pas que la rédaction d’un seul roman historique, mais d’une véritable bibliothèque forgée par des narrateurs zélés et hors pair.

 

2) Le point du départ : Une contradiction, une collaboration et une ingratitude

La contradiction selon Gallez (2) : il existe une contradiction évidente entre les versets 51 et 82 de la Sourate 5. - Le verset 51:«Ô vous qui croyez, ne prenez pas pour amis les juifs et les Nazaréens…».

-Le verset 82: «…Tu constateras que les hommes les plus proches des croyants par l’amitié sont ceux qui disent: Oui nous sommes nazaréens».

D’un côté, on lit qu’il ne faut pas prendre les Nazaréens «Nassârâs » pour amis et  de l’autre, les «Nassârâs» sont les plus proches et se disent les amis des croyants.

Il faut noter que dans le Coran le mot Massihyounes (chrétiens) est totalement absent !  Ce constat a conduit le Père Gallez à collaborer avec le Père Moussali pendant 07 ans (1996-2003) pour élaborer la thèse du Messie et son prophète (2). Deux Pères de l'Église qui collaborent pour comprendre les origines de l'islam, juste comme ça ! Par amour de la science et de la recherche de vérité, qui peut être naïf à ce point considérer les choses ainsi ?

La collaboration avec le père Antoine Moussalli: un prêtre lazariste libanais, connaisseur à la fois des églises et des musulmans d’orient, pense que le mot Nassârâs du verset 51 a été rajouté par les scribes tardivement afin d’installer l’hostilité envers les chrétiens au sens large et justifier ainsi la violence à l’encontre de ces derniers par les conquêtes (2, 3).

L’ingratitude: il est opportun de noter qu’il y a un autre auteur qui revendique cette collaboration avec le Père Moussalli, il affirme que c’est lui qui a travaillé le premier sur  « La piste Judéo-Nazaréenne », il s’agit d'Etienne COUVET qui –apparemment-va aider Gallez à rencontrer Moussali et va-lui parle de la piste nazaréenne, le Père Gallez lui aurait fait de remerciements par écrit sans toutefois le citer dans ses travaux ! (3).

Quoi qu’il en soit nous rajoutons que cette thèse fait écho à un autre travail fait par le Père Joseph Azziz dans son livre « Le prêtre et le prophète »(4).

Ce livre traite de l’instruction de Muhammad par le prêtre nazaréen « Waraqa Ibn Nawfel », bien entendu il existe des auteurs arabes qui ont traité de cette question avec un style mille fois plus attractif sans être cité par les chercheurs francophones, je cite à titre d’exemple « Fatrat al Takwine Fi Hayat Khatem Al Nabyyines » autrement dit « La Période formative dans la vie de Muhammad » du Dr KHALIL Abd-ul-Karim (5). La Nouveauté dans la thèse d’Édouard M Gallez c'est le lieu d’instruction de Muhammad et/ou du groupe d’Arabes qui va être à l’origine du ce qu’il appelle le proto-islam :

-Le Père Joseph AZZIZ place le lieu en Arabie en utilisant de manière sélective, les sources islamiques dont la biographie du prophète et les Hadiths

-par contre le Père Gallez place le lieu supposé d’endoctrinement de Muhammad/Arabes est au nord de la Syrie, en se basant sur la thèse hypercritique de Patricia Crone (Hagarisme)(6)

Enfin il ne faut pas oublier un article intéressant qui présente la même théorie sans être obligé de lire les 1000 pages du Messie et son prophète qui reste au demeurant un ouvrage très instructif pour les chercheurs, il s’agit de l’article de Jean Habib Allah   « La première dissidence chrétienne et les origines de l'islam» (7).

3) Éléments de preuve que Jésus fut Nazaréen/Nazoréen 

L'INRI est l'acronyme, dit titulus crucis, de l'expression latine Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm généralement traduit par : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs » ce titulus se base sur la version de l'Évangile selon Jean ( 19: 19) : « Pilate fit graver une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».

Tertullien, Eusèbe de Césarée et Épiphane de Salamine affirme que le terme Nazaréen/Nazoréen  constitua en réalité la plus ancienne dénomination des disciples de Jésus. Eusèbe écrit : « Nazareth  Sur la base de ce nom, le Christ fut appelé Nazaréen et nous qui sommes présentement dénommés chrétiens avons reçu dans le passé le nom de Nazaréen. » Épiphane de Salamine confirmera : « Pareillement, tous les chrétiens furent autrefois appelés Nazaréens. »(Notice 29 de son Panarion).

4) Étymologie du qualificatif «  Nazaréen »

Trois mots hébreux peuvent être à l’origine de ce terme:

Ø  Soit de l’hébreu nazîr (נזיר) qui signifie «séparé», «consacré par un vœu», «abstinent», ce mot désigne des sortes de moines juifs, qui s'abstiennent de boire des boissons alcoolisées et d'avoir des rapports sexuels; 

Ø  Soit de l’hébreu nètzèr (נצר) qui signifie «rejeton»;

Ø  Soit de l’hébreu notzer (נצר) qui signifie «gardien», « supporteur », «sentinelle» ou encore «fidèle». 

Premièrement l’idée communément admise par les chrétiens est que ce mot désignerait un habitant de Nazareth, alors que cela ne tien sur rien, un Natzarethien peut être mais pas Nazaréen.

Notons la faute de de l’auteur de l’évangile selon Matthieu (2,23) qui écrit:

« Et [il] vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: «Il sera appelé Nazaréen.» 

La citation Il sera appelé Nazaréen ne correspond à aucune prophétie annoncée dans l’Ancien Testament, on pourrait la faire correspondre à Juges 13, 5 et 7, qui parle de Samson comme d'un nazîr, étant consacré à Dieu dès sa naissance.

Deuxièmement pour les significations « Moines », « rejetons » ou « gardiens »?

De nombreux moines esséniens ayant pris des vœux de naziréat cette hypothèse est envisageable, mais peu probable car l'hébreu emploie n-tz(tzadê)-r plutôt que n-z(zayin)-r.

Il nous reste donc «rejeton» ou «gardien», voire les deux à la fois. Donc «Rejeton», pourrait désigner ceux qui suivent le rejeton, sachant que Jésus est connu pour être le descendant du roi David (Isaïe 11, 1): « Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton (netzer) poussera de ses racines ».

Mais ne pensons que le mot gardien ou supporteur correspond le plus à l’étymologie du mot Nazaréen à ne pas confondre avec Nazoréen.

Que signifient les mots grecs ναζωραῖος, donc nazôraios et Ναζαρηνός, donc nazarenos ?

La grande majorité des traducteurs estiment que ces mots sont synonymes et veulent dire nazaréen.

5 )  Christologie comparative des Judéo-Messianismes et de l’Islam (coranique)

Les études récentes sur le judaïsme du premier siècle sont quasi unanimes sur un fait, le polymorphisme des mouvants qui en sont issus. Il serait anachronique de parler de christianisme à ce moment, mais de mouvements de Judéens messianistes qui ont fini par se différencier avec le temps et donner une église dominante et des sectes marginales reléguées au rang de groupe hérétiques. Toujours dans un but de simplification nous résumons la christologie de chaque groupe en fonction de quatre critères suivants:

1Divinité intégrale de Jésus,

2Sa naissance virginale,

3 Sa mort et sa résurrection sur la croix.

4Respect total/partiel des préceptes de la loi mosaïque

 Tableau n°2 : comparatif des éléments christologiques de chaque groupe judéo-chrétien versus conception musulmane de la christologie (si l’on peut employer ce terme).

 

Divinité de Jésus

Naissance virginale

Sa mort sur la croix et sa résurrection

Respect total de la loi (Shabbat et circoncision)

Nazaréens

Groupe A

OUI

OUI

OUI

OUI

Chrétiens

OUI

OUI

OUI

NON

Nazaréens groupe B

NON

OUI

OUI

OUI

Ébionites

NON

NON

OUI

OUI

Cerintiens & Kasaïtes

NON

NON

OUI

OUI

Docètes

OUI

OUI

NON

NON

Musulmans

NON

OUI

NON

NON

Ne respectent pas le shabbat par exemple

 

Pour notre part, nous pensons que l’islam n’est pas une hérésie nazaréenne au regard de la confrontation de "la christologie coranique" à la christologie nazaréenne, nous citons dans la page suivante, dix raisons suffisantes pour faire cette distinction et donc invalider totalement la thèse du Père Gallez :

1-L’absence de sources de première main des Nazaréens, en effet, nous ne disposons d’aucun des évangiles cités par les pères de l’Église (Évangile selon les Hébreux, évangile des ébionites…)

2-La christologie nazaréenne est orthodoxe dans une large mesure et ne correspond absolument pas à la « christologie coranique » si on peut employer ce terme, la foi nazaréenne professe que le Messie est fils de Dieu (au regard des écrits des pères de l’Église) alors que le Coran combat ce dogme de toutes ses forces cette croyance.

3-La christologie nazaréenne prône la préexistence du Fils, comme logos selon la vision grec, le fait que le Coran utilise le mot « parole, kalima » cela ne signifie nullement que la "kalima" existait de toute éternité.

4-Les Nazaréens suivaient Paul de Tarse sauf quelques groupes qui l’ont renié (les ébionites). A noter que Paul est désigné comme le chef de la secte des Nazaréens (Actes 5:24)

5-Le Coran renferme des concepts qui se rapprochent plus du Judaïsme (Hagadah et Midrash) ce qui va l’encontre d’une influence nazaréenne. L’ébionisme est

6-L’absence de consensus chez les pères de l’Église sur leur dénomination et leur théologie (écrits lacunaires et parfois contradictoires). 

7 -L’appellation « Nassârâ » dans le Coran est très polysémique et désigne tantôt les supporteurs ayant soutenus le Messie tantôt ceux qui l’ont divinisé (chrétiens).

8-Par ailleurs le mot « chrétien » ce dit dans Acte 5/24 « christianois » ça vient de Christos en latin/grec ce qui correspond à Meshihemm/Messiens c’est-à-dire messianistes.

9-L’absence de preuves historiques solides de l’existence d’une communauté nazaréenne au VIIe siècle

10-L’absence totale dans les sources islamiques, de termes désignant les sous-groupes de judéo-chrétiens en dehors du terme Nassârâ (ébionites, El-Kasaïtes…).

Tableau n°3 : conception judéonazaréenne de Jésus versus conception coraniques d’Issa:

Pour les judéo-Nazaréens

Pour les musulmans

Jésus est fils (adoptif) de Joseph

 

Issa n’est pas le fils de Joseph

Jésus est le fils incarné de Dieu

 

Issa n’est pas le fils de Dieu

Jésus est mort sur la croix et ressuscité au 3e jour

 

Issa n’est pas mort sur la croix

La Torah doit être appliquée à la lettre

 

La Torah est allégée par le Coran

Le Temple de Jérusalem doit être reconstruit

Le Coran n’ordonne pas la reconstruction le temple

 

Que des Judéo-Nazaréens ont été proches des musulmans, certainement, que certains soient devenus musulmans, pourquoi pas... Mais jamais les Judéo-Nazaréens n'auraient accepté les préceptes du Coran qui nie complètement la divinité de Jésus.

 

6)  Quid à l’interpolation du mot Nassârâ/Nazaréens dans le Coran

 

Sur la base d’une double constatation du père Moussali, le disciple Gallez pousse sa recherche pour postuler que le mot Nassârâ dans le Coran est rajouté tardivement lors du processus rédactionnel, et ce, pour des raisons politico-religieuses, sous l’autorité califale, après la supposée rupture des Arabes avec la secte judéonazaréenne qui était à l’origine du proto-islam.

Résumons ci-dessous, la justification Moussali/Gallez :

1-La rupture du rythme à la psalmodie du Coran 5:51:

 C’est la première constatation du père Moussali qui soulait une supposée rupture de rythme causé par l’ajout tardif (interpolation au IXe) du mot Nassârâ au verset 51 de la sourate 5.

Le père Antoine Moussali  écrit : « Lorsqu’on psalmodie le verset 51 [ sourate 5, « Le Banquet »], on se rend compte immédiatement que la mention des « chrétiens » (wa-n-Nassârâ, et les «Nassârâ ») vient rompre complètement le rythme du phrasé » et que ce serait un ajout tardif des commentateurs du IXe siècle qui ont mis la dernière main au texte définitif du Coran

Source: Interrogations d’un ami des musulmans, in COLL., sous la direction d’Annie Laurent, vivre avec l’Islam ? Réflexions chrétiennes sur la religion de Mahomet, Paris, éd. Saint-Paul, 1996 / 3e éd., 1997, Versailles, p.235-240).

2-La supposée contradiction formelle entre les versets Coran 5 : 51 et 82.

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour « alliés/amis »  les juifs et les Nassârâ : ils sont « alliés/amis » les uns des autres » (Coran 5:51)

De l’autre côté, on peut lire plus loin : « Tu trouveras que les  "amis" les plus proches des croyants sont ceux qui disent : Nous sommes Nassârâ » (Coran 5:82).

Le père Moussali,  pense que le problème se situe au verset 51, car comment peut-on prétendre que les Juifs et les Nassârâ/chrétiens sont amis ou alliés “les uns des autres” ? 

 

Sans parler de la rupture du rythme à la psalmodie du verset en question. Le déséquilibre causé par l’interpolation disparaissait si l’on omet “et les Nassârâ ” (wa al-nassârâ).

 

Le texte rééquilibré par l’omission du mot Nassârâ sera le suivant:

 

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour "alliés/amis" les juifs,  ils sont "alliés/amis"  les uns des autres » (Coran 5:51)

Selon le Père Gallez le verset redevient plus clair cohérent et supprime la contradiction avec le verset 82.

 Il est curieux de vouloir résoudre une incohérence (celle de considérer les juifs comme alliés des Nassârâ) par un truisme qui consiste à dire que les juifs sont alliés les uns des autres ? [Les Juifs sont alliés des juifs !] 

Alors qu’en réalité le mot Waliy/Awliya, est polysémique peut certes désigner amis, alliés, mais aussi un sens péjoratif où l’on se tient les uns [contre] les autres.

Par ailleurs invoquer une rupture de rythme est un argument subjectif qui ne convainc pas tous les arabophones, il suffit d’écouter le passage en question pour constater son harmonie globale.

De toute manière d’un point de vue codicologique, l’hypothèse d’une interpolation tardive est totalement mise  en défaut par l’analyse des textes les plus anciens dont nous disposons, à savoir le codex de Sanaa’, dont le sous-texte témoigne d’une tradition écrite encore plus ancienne très probablement datant du premier quart du premier siècle de l’hégire selon les analyses philologiques et au carbone 14. Le manuscrit est composé d’un grand nombre de folios, il est possible de les retrouver sur internet, une édition en PDF du CD de l’UNESCO est en libre téléchargement.

Ces folios sont très anciens, les plus anciens datent de la moitié du 7e siècle. Un grand nombre de ces folios sont des palimpsestes, ils permettent de mettre en avant un travail d’écriture puis de réécriture. Ainsi l’étude de la couche inférieure nous permet d’accéder à une version plus ancienne du texte et ainsi de vérifier la présence de variantes ou d’interpolations.

Une étude pointilleuse de ces manuscrits a été faite aux USA par des universitaires des Standford et de Harvard. Il s’agit du travail passionnant et systématique réalisé par Behnam SADEGHI et Mohsen GODARZI publié sous le titre «  Sanʿā’  and the origins of the Quran » aux éditions Guyter 2012 et consultable en ligne[1].

D’après nos chercheurs, la couche inférieure comporte des variantes attribuables au compagnon ibn Mas’ud (m. 650) et Ubay ibn. Kaʿb (m. 649), deux célèbres compagnons qui selon la tradition islamique, s’étaient opposés à la recension de ʿUthman.  En soi, si les variantes sont réellement attribuées à ces deux compagnons alors il ne fera nul doute que la couche inférieure daterait donc de l’époque du calife ‘Uthman, les deux compagnons étant mort avant la fin du son règne comme calife. Trois folios du texte inférieur du manuscrit de Sanʿā’  nous permettent de constater la présence du mot Nassârâ dans les plus anciennes versions du Coran.

Premier folio : Bonhams 2000 Verso1

Ligne 14/Verset 52/ chapitre 5/ Sourate al-ma’ida

Nous retrouvons le terme Nassârâ écrit sous la forme [نصرى/نصارى] La voyelle longue en milieu de mot n’est pas marquée, mais il existe bien un ya’ à la fin du mot, ce qui souligne bien l’emploi de la forme désignant les disciples de Issa/Jésus.

Deuxième folio : 6B2

Ligne 12/Verset 30/ chapitre 9/ Sourate al-tawbah

Dans le présent folio, le terme Nassârâ n’est pas clairement visible, comme on le voit ici [ ا / / رى ]

Il est clairement difficile de lire le mot Nassârâ dans ce cas précis, cependant l’ensemble des versets présent nous permettent d’identifier clairement qu’il s’agit bien de Nassârâ.

Cependant l’on peut constater encore, la présence du ya’ à la fin du mot est présente. Ce qui signifie qu’il est encore question du mot [نصرى]

Troisième folio : 7A3

Ligne 5/Verset 17 /chapitre 22/ Sourate al-Hajj.

Ce folio ne présente pas le ya’ de Nassârâ, cependant nous pouvons clairement observer un espace entre le « r /ر »  et le  « waw/و »  suivant le mot "chrétiens".

Cette espace nous permet de deviner l’existence d’une lettre à cette place, or selon le terme, seul le mot chrétien peut avoir cette place, car la Verset dit :

« Certes, ceux qui ont cru, les Juifs, les Sabéens, les Nassârâ, les Mages et les associateurs, Allah tranchera entre eux le jour du jugement, car Allah est certes témoin de toute chose. »

Dans le cadre de ce verset, il est évident que seul le sens de chrétiens est acceptable ainsi, la présence de du schème (نصارى) dans la couche inférieure démontre bien qu’une interpolation tardive est impossible.

 

À travers ces trois folios du manuscrit de Sanaa’ nous pouvons affirmer que le texte inférieur  marque la présence du terme Nassârâ dès le début de la rédaction du Qur’an.

Par ailleurs il faut noter ici que l’un des versets présents est le Coran 9 :30

« Les Juifs disent: «ʿUzayr est fils d’Allah» et les Nassârâ disent: «Le Messie est fils d’Allah». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le propos des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse! Comment s’écartent-ils (de la vérité)? »

La présence de ce verset dans la sous-couche du palimpseste du folio 6B démontre deux choses :

- Donc en aucun cas, le mot Nassârâ ne peut être une interpolation tardive qui serait rajoutée, selon Gallez, après chaque mention des juifs; en effet, dans ce cas précis, car s’agit d’un point de similitude entre les deux communautés, chacune a pris un personnage comme fils de Dieu.

Nous ne discutons pas ici, du bien-fondé ou non de l’affirmation coranique au sujet de l’appellation  ‘Uzayr par les juifs « fils de Dieu », car cela nous éloignera de notre propos.

- Que les premiers musulmans reprochaient aux Nassârâ de prendre Issa/Jésus comme fils de Dieu est incontestable d’après nos trois exemples, par conséquent le mot Nassârâ peut designer soit les chrétiens de l’Église apostolique soit les Nazaréens du groupe B qui divinisent Jésus (cf. tableau n°)

 

7) Au sujet de l’apparente contradiction des versets 5 et 82 de la sourate 5 

En réalité il n’y a pas de contradiction entre les versets suscités, l’apparente contradiction est liée à des subtilités inhérentes à la langue du Coran, qui échappent à au Père Gallez et même à l’arabophone Antoine Moussali, on peut le comprendre d'autant plus que des arabophones lettrés ne font pas attention à ce genre de subtilités.  Il aurait fallu attendre les travaux novateurs de Muhamed Shahrur pour s’en rendre compte (Le Kitab et le Qura’an vers une nouvelle lecture).

Dans les versets 51 et 82 de la Sourate 5, Dieu exhorte les croyants à se méfier des Nazaréens ne respectant la loi et les prophètes et constater que ceux qui sont enclins à l'amitié sont ceux qui affirment être les vrais Nazaréens, disciples fidèles à Issa/Jésus.

Il est à noter que le Coran fait la différence entre les termes, qui sont souvent confondus même par les arabophones, nous résumons dans le tableau ci-dessous les principaux groupes religieux cités dans le Coran selon notre approche méta textuelle :

Traduction du sens

Phonétique

Terme en arabe

Les gens n’ayant reçu aucune Écriture

Al-Ommyoun

الأميون

Les Juifs ou plutôt Judéens

Al-Yahud

اليهود

Les Judaïsants ou convertis

Allizina-Hadou

الذين هادوا

Ceux qui ont reçu l’Écriture au sens large (juifs, chrétiens, sabéens, manichéens…etc.)

Allazina-outou

al-Kitab

الذين أوتوا الكتاب

Ceux qui ont reçu une partie de  l’Écriture

Allazina-outou-Nassiban mina al-Kitab

الذين أوتوا نصيبا من الكتاب 

Ceux à qui Dieu a donné le don de l’interprétation de l’Écriture = les gens du rappel = les docteurs de la loi

Allazina-ataynahoum-al-Kitab = Ahl-al-Zikr

الذين اتيناهم الكتاب = أهل الذكر

Les gens de l’Écriture = ceux attachés à l’écriture

Ahl-al-Kitab

أهل الكتاب

Les Nazaréens

Al-Nassârâ

النصارى

Les Nazaréens unitariens du groupe B    Les ébionites

Allazina-Qallo-inna.Nassârâ

الذين قالوا إنا نصارى

Les Sabéens, mandéens

Al-Sabeen / Al-Sabea

الصابئين

Les zoroastriens

Al-Majous

المجوس

Les associateurs : les chrétiens &        

Les  Nazaréens du groupe A

Allazina-Ashrakou/Al-Moushrikoun

الذين أشركوا

Les croyants en la prophétie de Muhammad

Allazina-Amanou

(bi Muhammad)

الذين أمنوا   

 ( بنبوة محمد)

Les recouvreurs, négateurs de la vérité

Allazina-Kafarou

الذين كفروا-

 الذين  غطوا على  الحق

 

Et pour une meilleure compréhension des termes, il n’y a pas mieux qu’un schéma synthétique :



NB : Le schéma ci-dessus ainsi que les tableaux présentés précédemment, résumant nos différentes lectures sur le sujet, la justification sera apportée dans un ouvrage en cours de rédaction.

Une fois que nous avons fait la différence entre les mots Nassârâ et allazina-Qallo-inna-Nassârâ, autrement dit les Nazaréens et ceux qui affirment être les vrais Nazaréens, c'est-à-dire les supporteurs du Messie Issa, il ne reste plus de place à la contradiction soulevée par Gallez.

D’ailleurs la lecture non sélective du verset 5 : 82 dans son bloc sémantique confirme notre analysé holistique du Coran qui s’adresse à un auditoire concerné par les débats entre les différents groupes qui prétendent tous être les suiveurs du Messie. Nous allons à présent prendre le bloc sémantique allant du verset 77  au 85 :

 

77. Dis: «Ô gens du Livre, n’exagérez pas en votre religion, s’opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit.

78. Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Issa fils de Mariam, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.

79. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient!

80. Tu vois beaucoup d’entre eux s’allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé, pour eux-mêmes, de sorte qu’ils ont encouru le courroux d’Allah, et c’est dans le supplice qu’ils éterniseront.

81. S’ils croyaient en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été descendu, ils ne prendraient pas ces mécréants pour alliés. Mais beaucoup d’entre eux sont pervers.

82. Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent: «Nous sommes Nassârâ». C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil.

83. Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager, tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent: «Ô notre Seigneur! Nous croyons: inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran).

84. Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux?»

85. Allah donc les récompense pour ce qu’ils disent par des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Telle est la récompense des bienfaisants.

 

Ce ne sont donc pas tous les Nassârâ/Nazaréens qui sont ici visés dans les versets susmentionnés, mais seulement les Nazaréens qui ont reconnu la prophétie de Muhammad et qui se sont fondus dans la nouvelle prédication.  Pris dans leur contexte textuel et en prenant la peine de bien les lire, il est aisé d'affirmer qu'il n'existe pas de contradiction entre les deux versets en question.

Le Coran traite d’hérétiques ces deux groupes issus des Nazaréens primitifs, ce sont les Nazaréens ayant suivi les enseignements de Paul (abondant de loi et de la circoncision). Rappelons ici que les Nazaréens sont les vrais disciples du Jésus, ils respectaient la loi et les prophètes, en ce sens le Coran est plus proche de la chronologie historique (Nazaréens, puis chrétiens cf. schéma 3 en introduction).

N'oublions pas qu’on attribua cette déclaration à Jésus dans l’Évangile selon Mathieu 5:18-19 : 

« Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux, Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ».


III/ Les fondements de la thèse d’Édouard M GALLEZ

 

Si l’on étudie de près, la thèse de Gallez repose sur un élément fondamental, c’est l’hypothèse d’une immigration des Judéo-Nazaréens de la Syrie vers Médine en Arabie, théorie avancée par Patricia Crone et sans laquelle cette thèse n’aurait rien apporté de nouveau comme nous l’avons souligné plus haut. Cette immigration supposée réelle sur la base de traces archéologiques et une toponymie témoignant de l'existence d'une communauté arabe Qoraychite au nord de la Syrie, s'il s'avère tout à fait plausible que des Arabes ont pu immigrer de l'Arabie vers la Syrie, cependantà

Cependant, il reste à prouver l'immigration dans le sens inverse; aucun argument archéologique ni aucun témoignage historique ne va dans ce sens.

Par ailleurs il faut noter Patricia Crone est revenue en partie sur sa thèse notamment dans deux articles dont nous avons présenté la synthèse dans notre ouvrage « L’islam de Pétra, BoD 2018 ».

-Le premier article a été publié en 2007  « Qurays and the Roman army: Making sense of the Meccan leather trade» publié dans le Bulletin of the School of Oriental and African Studies 70, n°1, 2007, pp 63-88  (9)

-Le deuxième en 2008: What do we actually know about Muhammad? (10)

En plus il faut noter  que même son maître John Wansbrough ne l'a pas suivi, pourtant chef de file de l'école de la critique radicale de l'Islam.

Depuis 2007, P.Crone admet l'existence d'un site préislamique, en effet, elle n’a plus vraiment le choix avec les découvertes archéologiques récentes, notamment les graffitis qui témoignant de l’existence des chemins de Pèlerinage à la Mecque (11, 12)


1-Au sujet de la Mecque

Faire table rase de toute la littérature islamique et postuler qu'elle est foncièrement légendaire et non fiable sous prétexte qu'elle est écrite tardivement est une méthode très douteuse pour un historien qui se respecte. Comment tenir une telle position quand l'on sait que nous possédons des textes de la fin du premier siècle de l'Hégire ?  Si on généralise cette méthode au christianisme et au Judaïsme, on peut tout nier, ce n’est pas sérieux comme approche et ça ne tient pas debout devant les preuves (cf Nabia Abbott, Harald Motzki, John Burton, A. Goerke ...etc).(13)

La Mecque est mentionnée par Ptolémée, et le nom qu'il lui donne nous permet de l'identifier à une fondation sudarabique, créée autour d'un sanctuaire (14) outre le témoignage de Claudius Ptolémée (90-168), l'on peut aussi faire référence aux écrits de l'historien grec Diodore de Sicile (premier siècle avant Jésus-Christ). Nous ne rentrerons pas le détail du débat concernant « Makkoraba ou Macoraba » de la carte de Ptolémée qui reste sujet à controverse. On peut admettre qu’il est difficile rapprocher « Makkoraba » à « Makka » en raison de l’emplacement de la première sur la carte par rapport à Makka actuelle, mais on peut comprendre aussi que Ptolémée aurait pu être approximatif. Quoi qu'il en soit, on signale une autre localité du nom de « Lathrippa » qui n’est autre que « Yathrib ou Médine » (15).


Jacqueline Chabbi, Professeur à l'université Paris VIII-Saint-Denis indique : La Ka'ba mecquoise fut édifiée à une époque indéterminée, peut-être vers la fin de la période romaine. Ptolémée, géographe grec alexandrin du IIe siècle apr. J.-C., connaît la ville sous le nom de Macoraba.

Ce nom, d'origine sémitique certaine, signifie probablement le « lieu du sanctuaire » pour indiquer que s'y trouve – comme ailleurs en Arabie – un espace sacré, porteur de divers « interdits », autrement dit un Haram. Du fait de son étymologie qui ramène par inversion au mot baraka, le nom Ptolémée de Macoraba suggère que ce lieu sacré ait été relié à la présence d'une eau pérenne, qui se serait conservée durant les périodes de pire sécheresse, dans un ou dans plusieurs puits. La baraka combine en effet la notion de bénédiction avec celle de la présence d'une eau d'origine pluviale, condition essentielle de survie pour les populations de ces zones arides(16)

Enfin nous soulignons également la remarque de Gaillaume Dye (qui est tout sauf Nöldekian) dans un article critique au sujet d’un ouvrage publié sous la direction d’Angelika NEUWIRTH (Le coran dans son contexte), à la page 250, il fait référence aux ethniques d’Étienne de Byzance pour rapprocher Μάκαι θνο μεταξ Καρμανικαραβί à la Mecque, source : Stephani Byzantii Ethnicorum quae supersunt , Ed.Meineke, Berlin, 1849, p427 ( 17)


2-Les pierres témoignent du passé de l'islam en Arabie et non en Syrie

 

                                                                     © F Imbert

 

Voici la liste des épigraphes et graffitis retrouvés en Arabie datés du premier siècle hégirien par région

23 (Muthallath),24 (Qâʿ al-Muʿtadil), 27 (W. Khushayba), 40 (W. Shâmiyya), 46 (W. Sabîl), 56 (Khashna), 74 (J. uway), 78 (Qâʿ al-Muʿtadil), 80 (Qâʿ Banî Murr), 80 (W. Rimâmiyya), 80 (J. Muʿayim), 80 (W. Aîla), 80 (W. ânî), 82 (J. uway), 83 (Abû ʿÛd), 83 (Aqraʿ), 84 (La Mecque), 84 (W. urumân), 91 (W. Wujayriyya), 96 (Ruwâwa), 98 (La Mecque), 98 (W. urumân).

*Hors de l'Arabie: 64 (afnat al-Abya, Irak),85 (Negev, Palestine), 92 (Kharrâna, Jordanie),93 (Usays, Syrie).

Voir d'autres inscriptions

http://www.islamic-awareness.org/History/Islam/Inscriptions/

 

Un autre exemple significatif

Ci-haut, un graffiti près de Najrân indiquant le nom d’ Omar Ibn Al Khattab, 2e Calife de l'islam

Des milliers de graffitis gravés sur les pierres sur les routes du pèlerinage que l'on date au début de l'islam (1er, 2e siècle de l'hégire) en Arabie. Il s'agit souvent des invocations à Dieu, de formulations de l'unicité divine, parfois des versets coraniques, et quelques mentions de prophètes, dont le prophète Mohammad.

D'après Thésaurus d’Épigraphie islamique (2009) ont été retrouvés des graffitis datés entre l'an 1 et 100 H: parmi les 677 écrits relevés, Muhammad est mentionné 64 fois (%9), 12 au premier siècle et 52 au second. Dans la plupart des graffiti, Muhammad est cité comme Abraham, Moïse, Jésus et d'autres prophètes.

On remarqua que l'apparition du nom de Mohammad dans les textes épigraphiques est assez tardive, sachant que le plus ancien graffiti date de l'an 73h. Certains chercheurs de la critique radicale profitent de cet état de fait pour remettre en question l'existence même du Prophète Mohammad !(18)

La revue REMM a publié en 2011, un article intitulé « l'islam des pierres : l'expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles » (19)

Frédéric Imbert écrivait que "la plus ancienne mention du Prophète dans les graffitis étudiés datés, remonte à 121/738-39...". En 2013, le site Canal Académie, publie une conférence audio "Graffitis islamiques du début de l'islam : nouvelles découvertes en Arabie Saoudite" (20), pendant les questions-réponses, Frédéric Imbert précise que le plus ancien graffiti date de l'an 73 de l'hégire. On constate donc qu'en moins de deux ans, de 2011 à 2013, on est passé de l'an 121 à l'an 73 de l'hégire, ceci grâce aux récentes découvertes épigraphiques. Des milliers d'autres graffiti  sont à l’étude actuellement (21)

Certains spécialistes ne devraient donc pas tirer des conclusions trop hâtivement sur l’interprétation de l’absence du nom de Muhammad, l’argument du silence ne prouverait rien du tout, car l'absence de preuves n'est pas forcément synonyme d'absences de faits.

Pour faire le rapprochement on peut faire le parallèle avec l’exemple suivant : imaginons l’absence du nom du président français sur les murs tagués en banlieue parisienne, ce constat doit-il faire conclure à des historiens dans 14 siècles à l’absence physique du président français à notre époque ?

Je conseiller le lecteur de télécharger l'article "Le Coran des pierres" de Frédéric Imbert publié dans la revue le monde de la Bible:  http://www.mondedelabible.com/wp-content/uploads/2014/06/Le_Coran_des_pierres_Imberth2.pdf (22)

 

 

Dans la photo ci-dessus une pierre en Basalte sur laquelle est gravée la mention la plus ancienne de l’ouverture du Coran (al-fatiha) : elle ne présente aucune variation par rapport à la Fatiha actuelle du corpus d'Uthman. Il s'agit ici d'une preuve matérielle de la préservation du ductus consonantique (rasm) .

© Frédéric Imbert






3-L’histoire du Coran et le processus de sa canonisation

Il est remarquable de constater que les polémistes chrétiens se basent souvent sur les auteurs de l’hypercritique (Christoph Luxenberg, Claude Gilliot, Guillaume Dye, Manfred Kropp, R.S. Hoyland et col) ils sont moins enclins à parler des travaux de l'école classique (Noldékienne) dont beaucoup ont émis des critiques sérieuses à l’encontre des conclusions de Luxenberg comme François de Blois ou Angélica Neuwirth (23, 24). Pour approfondir le sujet, lecteur peut consulter ces liens :

-D'Alphonse Mingana à Christoph Luxenberg:

http://lechemindroit.webs.com/Origine%20Aramo-Syriaque%20du%20Coran.pdf

 

-Analyse de Luxenberg : Houris, Raisins ou Tricherie ?

http://tunisdivagation.blogspot.fr/2007/07/luxenberg-houris-raisins-ou-tricherie.html

 

-Les inscriptions du dôme du Rocher:

http://lechemindroit.webs.com/Inscriptions%20Coraniques%20du%20Dome%20du%20Rocher.pdf

Les missionnaires chrétiens préfèrent parler des travaux cités ci-dessus que des recherches récentes qui démontrent la cohérence interne du texte coranique, sa symétrie, sa métatextualité et sa rhétorique selon les lois de Land comme les travaux de Michel Cuypers, d’Anne Sylvie Boisliveau*, et de Raymon Farrin** pour ne citer que ceux-ci :

*  Canonisation du coran par le coran : https://remmm.revues.org/7141

** Structure and Qur’anic Interpretation. A Study of Symmetry and Coherence in Islam’s Holy Text (2014) le titre d'un livre récent de R.FARRIN qui démontre la cohérence interne du Coran.

Ces travaux dérangent l'hypothèse de la critique radicale d'un processus progressif de rédaction fait par plusieurs auteurs à partir de logia ou d’un hypothétique lectionnaire syro-araméen (un peu comme la source Q des évangiles). Anne Sylvie Boisliveau démontre l’unité du contenu du discours et sa ligne argumentative qui va dans le sens d’un auteur unique sur une courte période contrairement aux conclusions d’Alfred Louis de Prémare et John Wansbrough.

Le Manuscrit de Tübingen

Par ailleurs une analyse récente au carbone 14 d'un manuscrit détenu par l'université de Tübingen en Allemagne montre que le texte daterait de 640-75 de notre ère avec un texte très proche pour ne pas dire quasi-identique de la vulgate d'Othmane.

Les chercheurs de l’université pensaient au départ que le parchemin datait seulement du huitième ou neuvième siècle, les experts ont été surpris après avoir étudié trois échantillons du précieux manuscrit. Ils sont venus à la conclusion que celui-ci a été rédigé 20 à 40 ans après la mort du prophète Muhammad.

La datation de ce manuscrit est très rare dans le monde, peu de manuscrits ont été datés avec le carbone 14; le parchemin analysé est écrit dans un style de calligraphie coufique (Kufi), une des plus anciennes formes de l’écriture de la langue arabe.

 

Bien entendu les tenants de la critique radicale ne manqueront pas l'occasion de critiquer la datation au C14 et de soulever la controverse -qui rappelle celle du Suaire de Turin- disant que les prélèvements n'ont pas concerné l'encre et donc le doute persiste sur la vraie datation du texte.

 

Par contre ce qui semble évident comme rajout tardif, ce sont les points diacritiques rajoutés à l’encre rouge, mais on peut remarquer des points diacritiques existaient déjà avec l’encre d'origine

 


Source:http://idb.ub.uni-tuebingen.de/diglit/MaVI165/0001?sid=385bd715c7cd6e57ac924616f21f6048

 

Notre lecture directe de cette page 1r-5v du manuscrit de l'université de Tübingen daté avec le C14 de 20-40 ans après le décès du prophète de l'islam (7e siècle) photo ci-haut , il s'agit de la sourate 17 (Al isra'). Sans difficulté, on peut lire cette page qui commence par la moitié du verset 35, ensuite vient les du V.36 jusqu'au V.46 (moins deux mots) que voici comparés par rapport à la version actuelle du Coran.


COMPARATIF DES VERSETS DU MANUSCRIT AVEC LA VULGATE ACTUELLE

 


Nous pouvons constater sur la photo ci-dessus que les versets sont superposables et quasi-identiques.


Le Manuscrit de Birmingham

 

Probablement l'une des plus anciennes versions manuscrites du Coran a été retrouvée dans la bibliothèque de l'Université de Birmingham au Royaume-Uni, a annoncé mercredi 22/07/2015 l'université. Selon une datation au carbone 14, ces deux fragments de parchemin seraient vieux d'au moins 1.370 ans, ce qui en fait parmi les plus vieux de l'histoire de l'Islam.

Bien entendu il aurait fallu faire une datation de l'encre qui aurait pu apporter plus de précision, mais curieusement les centres de recherches ne le font presque jamais, disant que le même raisonnement appliqué au parchemin peut être appliqué à l'encre, c'est-à-dire qu'on peut écrire avec une vieille encre, de la même façon qu'on peut utiliser un vieux parchemin.

Quoi qu'il en soit le style Hijazi plaide pour son ancienneté, c'est-à-dire que le manuscrit daterait de la fin du 1er siècle de l'hégire (fin 7e).

La lecture des deux pages ci-dessus correspond à la fin de la sourate de Maryam (n°19) et le début de la Sourate Ta-Ha, les versets sont identiques à ceux de la vulgate actuelle ce qui est absolument fascinant !

5-Au sujet des découvertes de Claudine Dauphin en Syrie 

Pour corroborer sa thèse, E.M.GALLEZ réinterprète les découvertes archéologiques en Farj et de Er-Ramthaniyye qui apportent des preuves archéologiques indéniables de la présence de traces de judéo-chrétiens (juifs convertis au christianisme) en Gaulanitide, mais il ne précise pas qu’il s’agit surtout de judéo-chrétiens orthodoxes. Ce qui a été découvert, ce sont des Eglises-Synagogues si on peut s’exprimer ainsi, il existe des dessins de Menorah (chandelier à 7 branches) avec la croix du christ !

Parmi les découvertes de Claudine Dupin  Farj en Syrie: linteau de porte de basalte. De gauche à droite: “croix latine” (crux immissa) se détachant sur la colline du Golgotha; lettre grecque h; lettre grecque; menorah sur trépied simple sans pattes; lettre grecque y; poisson de profil, nageant vers la gauche et traversé verticalement par une croix; lettre grecque v, et au-dessous, croix à sérifs dans un cercle; grappe de raisins en forme de triangle quadrillé (© Dessin S. Gibson),  Source : http://www.christusrex.org/www1/ofm/sbf/Books/LA43/43223CD.pdf


Si la thèse de Gallez était juste on devrait s’attendre à des Nazaréens qui sont censés être ni vraiment juifs (pas de chandelier) ni vraiment chrétiens (pas de croix). Alors que les traces découvertes montrent qu’ils étaient les deux à la fois (croix et Menorah).

Donc, ce ne sont pas de Judéo-Nazaréens unitariens d’une part et d’autre part ces traces archéologiques datent du IV siècle et nous n’avons la moindre preuve de leur existence au VI et VII siècle.

Évidement on peut dire que le terme de « judéo-chrétiens » est équivalent à celui des judéonazaréens mais il faudrait préciser à ce moment-là qu’il s’agit de Nazaréens convertis au christianisme au sens qu’ils appliquent la Thora et acceptent la divinité de Jésus, ils sont à différencier des Nazaréens ébionites et El-Kazaïtes qui refusent la divinité du Jésus, pour aller plus loin lisez l’article de Claudine Duphin (25), mais surtout les travaux de Simon Claude Mimouni et François Blanchetière dont j’ai résumé l’idée générale par le schéma de l’arbre des Nazaréens qui se divisent en plusieurs branches ( cf. introduction)

Donc Gallez fait fausse route quand il pense que ce sont les judéo-chrétiens de la Syrie qui auraient pu être à l’origine de l’endoctrinement des Arabes, ça aurait été plus crédible d’impliquer les Nazaréens-Ebionites de par leur monothéisme intransigeant, car ils refusaient la divinité de Jésus tout en pratiquant la Torah, mais ce n’est pas le cas, selon Claudine Dauphin (25).

Manque de chance, nous ne disposons pas de traces archéologiques des Nazaréens unitariens (ébionites et autres kazaïtes qui serait les meilleurs candidats au protomusulman) ni en Palestine ni en Syrie et encore moins en Arabie....il ne nous reste que les hypothèses…

A cet égard il faut souligner les travaux de Joan Taylor in Christians and the Holy place : the myth of Jewish chrestian origins (Clarendon press, oxoford 1993) où il démolit complètement le mythe des judéo-chrétiens en Palestine, référence (26).

 

 

On peut imaginer que les judéo-chrétiens - s’ils ont existé un jour - ont pu immigrer en Syrie, mais comment peut-on prouver qu’une autre immigration a eu lieu Arabie ?  Nous ne trouvons aucune trace archéologique à Médine, il ne nous reste plus que les conjectures d'Édouard M GALLEZ.

Enfin chercheur spécialisé de la question des mouvements judéo-chrétiens, pense que la question est très complexe et qu’il est difficile en l’état actuel de nos connaissances de l’existence de communauté de Nazaréens au 6-7 ème siècle ni en Syrie ni en Arabie, pour plus d’informations consulter « Jewish Christianity and Islamic Origins », un essai à l’honneur de Patricia Crone par Guy Stroumsa Édition Brill 2015 (27)

 

Conclusion

Nous estimons que le lecteur honnête prendra acte des preuves matérielles avancées dans cet article, face aux spéculations de la thèse d'Édouard M GALLEZ : le lectionnaire imaginaire, les Quronos ou proto-Corans, l'immigration et l'endoctrinement imaginaire des Arabes par les Nazaréens dont l'existence au 7e siècle n'est attestée par aucun témoignage historique. Les arguments avancés par GALLEZ reposent sur la réinterprétation des travaux de Claudine Duphin et d'Alfred Louis de Prémare selon un présupposé bien établi. De plus l'analyse des témoignages chrétiens contemporains de l’émergence de l'islam (28, 29) révèle qu'il n'a jamais été question d'une secte nazaréenne, il était question de Tayyayês, de Sarassins, de fils d’Ismaël, mais jamais de Nazaréens, sachant que ces derniers sont identifiés depuis Épiphane comme une hérésie et ils ne pourraient en aucun cas passer inaperçus aux yeux des dignitaires chrétiens de l'époque. 


 

Pour plus de détails sur l'histoire du Coran, je conseille:

-Histoire du Coran. Texte et transmission : http://www.college-de-france.fr/site/francois-deroche/course-2015-05-26-14h30.htm

-Le séminaire Coranique (émission France culture): http://www.franceculture.fr/emission-cultures-d-islam-le-seminaire-coranique-4-2014-03-28


Références :

(1) Le grand secret de l’islam :  http://legrandsecretdelislam.com/

(2) Entretien avec Edouard-Marie Gallez réalisé par Guillaume de Tanoüarn et Romain Koller in objections - n°2 - janvier 2006 : http://ingiagzennay.free.fr/LeMessie.pdf

(3) Précision sur les origines de l’islam, Etienne COUVET : http://www.salve-regina.com/salve/Pr%C3%A9cision_sur_les_origines_de_l'Islam

(4) Le Prêtre et le prophète : http://books.google.fr/books?id=kMrC5NFKmXoC

(5) http://muhammadanism.com/Arabic/book/copyrt__Abd-ul-Karim/formative_period_life_muhammad.pdf

(6) Hagarism: The Making of the Islamic World

(7) http://www.culture-arabe.irisnet.be/dissidence.htm

(8) Site de Mohamed Shahrur (shahrur.org) et son livre : http://shahrour.org/wp-content/gallery/Books/booke.pdf

(9) « Qurays and the Roman army: Making sense of the Meccan leather trade», Bulletin of the School of Oriental and African Studies 70, n°1, 2007, pp 63-88

(10) What do we actually know about Muhammad? : https://www.opendemocracy.net/faith-europe_islam/Muhammad_3866.jsp

(11) http://www.canalacademie.com/ida10344-Graffiti-islamiques-du-debut-de-l-islam-nouvelles-decouvertes-en-Arabie-Saoudite.html

(12) http://remmm.revues.org/7732

(13) Nabia Abbott, Etudes des Papyrus de la littérature arabe:https://oi.uchicago.edu/sites/oi.uchicago.edu/files/uploads/shared/docs/oip76.pdf

(14) G E Von Grunebaum, Classical Islam: A History 600-1258, George Allen & Unwin Limited, 1970, p. 19.

(15)http://www.wdl.org/fr/item/2923/zoom/#group=1&page=1&zoom=1.5811847649477686&centerX=0.4954242457956803&centerY=0.3834045198927815

(16) http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/Aux_origines_de_La_Mecque_le_regard_de_l_historien.asp

(17)http://www.academia.edu/4287472/Le_Coran_et_son_contexte._Remarques_sur_un_ouvrage_r%C3%A9cent

(18) http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/01/30/replique-a-michel-orcel-non-mahomet-na-pas-existe/

(19) http://remmm.revues.org/7067#bodyftn27

(20) http://www.canalacademie.com/ida10344-Graffiti-islamiques-du-debut-de-l-islam-nouvelles-decouvertes-en-Arabie-Saoudite.html

(21) Blog la vérité sur l’islam: http://la-verite-sur-l-islam.blogspot.fr/2013/09/pourquoi-les-premieres-mentions-du.html

(22) http://www.mondedelabible.com/wp-content/uploads/2014/06/Le_Coran_des_pierres_Imberth2.pdf

(23) Blois, François. de 2003: 'Review of "Christoph Luxenberg", in: Journal of Qur'anic Studies, Vol. V, Issue 1, pp. 92-97.

(24) )Neuwirth, A. 2003: 'Qur'an and History - A Disputed Relationship. Some Reflections on Qur'anic History and History in the Qur'an' in: Journal of Qur'anic Studies, Vol. V, Issue 1, pp. 1-18.

(25) http://www.christusrex.org/www1/ofm/sbf/Books/LA43/43223CD.pdf

(26)https://books.google.fr/books?id=KWAXbCNxH6YC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

(27) Guy Stroumsa  “Jewish Christianity and Islamic Origins”: https://www.academia.edu/9997797/Jewish_Christianity_and_Islamic_Origins

(28) http://www.christianorigins.com/islamrefs.html

(29) http://www.islamic-awareness.org/History/Islam/Inscriptions/earlysaw.html

 

  Réponse au Frère Bruno BONNET


L'Exégèse scientifique du Coran orientée par le dogme chrétien et par les travaux des pères Henri Lammens et Gabriel Thery

 

N'ayant pas pu poster cette réponse sur Youtube où la vidéos était publiée à l'origine par l'islamophobe notoire l'Abbé Pagès (qui a censuré ma réponse), je vais alors la publier ici.

Il faut être honnête, malgré l'excès de confiance du notre Frère Bruno (il peut se le permettre, il a travaillé dur, quand les musulmans préfèrent regarder des matchs de foot !! ), son travail est vraiment impressionnant car il faut lui reconnaitre la quantité du travail que cela suppose de relire le Coran à la lumière de la Bible et sans les signes diacritiques.

C'est vraiment dommage que le frère Bruno a entrepris cette analyse certes érudite mais qui reste largement orientée par sa foi chrétienne (et comment peut-il faire autrement !? ).

Il faut donc apporter quelques remarques sur cette exégèse:

 Le Frère Bruno Bonnet, explore le texte du Coran sans prendre en compte les marques diacritiques, pour lui trouver une nouvelle interprétation. Avec cette méthode douteuse qui repose sur le changement de l?emplacement de signes diacritiques pour tester toutes les combinaisons possibles, donc notre frère aurait pu faire dire n?importe quoi aux versets coraniques, il avait prédéterminé à l?avance le sens qu?il attendait en partant des conclusions d?Henri Lammens et de Gabriel Théry qui pensaient que le Coran est l??uvre d?un rabbin, ce rabbin serait un juif d'un genre particulier acceptant le Messie Jésus, c'est à dire un rabbin Nozoréen (comme Jésus le fut lui même).

Je commencerai d'abord par les renvoies par le frère Bruno vers les travaux de Luxenberg qui fait une grave erreur d'interprétation concernant les inscriptions sur le Dôme du Rocher où les deux noms de Jésus et Mohammed sont cités séparément avec des versets coraniques qui attaquent frontalement le dogme de la Trinité:

=>Pour consulter l'article sur les inscriptions du Dôme du rocher cliquer ici :

http://lechemindroit.webs.com/Inscriptions%20Coraniques%20du%20Dome%20du%20Rocher.pdf

=>Exemples d'analyses philologiques données  par  " le père" Christophe Luxenberg :

http://blog.decouvrirlislam.net/Home/islam/coran/luxenberg-houris-raisins-ou-tricherie


I/-SUR LE PLAN PHILOLOGIQUE:

1-Pour les initiales coraniques (ALM):
notre frère Bruno prétend qu'il est le premier à découvrir le parallélisme entre Ces initiales coraniques et la tradition rabbinique mais en réalité s'il était vraiment honnête, il aurait dû mentionner le nom de l'Abbé Kurt HRUBY, professeur à l'institut catholique de paris, ancien rabbin converti qui collabora jusqu'à sa mort dans l'élaboration des 2 premiers tomes de l'exégèse de Bruno Bonnet, qui aura sans doute beaucoup de mal à poursuivre cette exégèse  (source : Ed Marie GALLEZ dans son tome 2 ; Le Messie et son prophète, page 49)

Il reste encore pour notre savant Bruno BONNET de nous apporter l'exégèse sur le reste des initiales coraniques de façon aussi convaincante que pour le fameux ALM, il reste : ALR, ALMSad, SAD, KYH3Sad...et il n'y en 14 initiales.

Quoi qu'il en soit, ce parallélisme ne fait que confirmer l'unité et la continuité de la révélation Divine dont se réclame le Coran et l'assume sans complexe et sans aucune ambiguïté, c'est le même Dieu de la Bible qui révèle les paroles coraniques à son serviteur Mohammed.

2- Sa traduction du mot Muslim par PARFAIT est bien venue, Muslim qui signifie le croyant-observant PARFAIT, mais aussi celui qui suit (se soumet) LA VOIE "Milat" d'Abraham.

Mais là aussi rien de nouveau sous le soleil, le texte coranique lui-même indique que la vache est MUSALLAMT sans défauts =PARFAITE (sourate la vache)

=Musallamatoun la chiyat fiha = parfaite ????? ?? ??? ????

Par extrapolation on peut dire que Msulim veut dire PARFAIT est tant mieux.

3- Traduction de Baled par Yaled ! ça peut s'entendre mais ça ne changera pas fondamentalement le message coranique s'inscrivant dans le lignée d'Abraham et son fils Ismaël, ça reste une interprétation comme une autre...sauf peut être pour les mots Kaaba, Bacca, Safaa, marwa quand il dit qu'ils sont en Palestine et en Jordanie et non pas en Arabie à la Mecque.

Frère Bruno Bonnet oublie que des centaines de lieux en Arabie dans l'ASIR notamment sont les mêmes qu'en Palestine, c'est pour ça le Dr KAMAL AL SALIBI a bâti toute une théorie sur l'origine Arabe de la Bible (http://www.forum-religion.org/livres/la-bible-est-nee-en-arabie-t6689.html)...une thèse qui n'est jusqu'à présent pas réfutée sur le terrain de la linguistique....dommage qui les Saoudiens bloquent la recherche archéologique à ce niveau....

Si jamais une preuve archéologique viendrait confirmer la thèse de Kamal SALIBI (http://www.ledifice.net/3122-1.html)tout le problème va être inversé !!

On sait que Celta est en Tunisie mais la même Celta existe aussi EN Italie, Carthage à Tunis est la même en Espagne "Cartagena" fondée par les mêmes carthaginois de Tunis. Comme Tripoli en Libye et Tripoli au Liban fondées toutes les deux par les mêmes phéniciens. La même chose se rencontre entre les villes aux USA (
Liste des noms de lieux d'origine française aux États-Unis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_noms_de_lieux_d%27origine_fran%C3%A7aise_aux_%C3%89tats-Unis)


On peut suivre toutes les traductions proposées par Bruno BONNET ....mais on arrivera jamais à des certitudes et cela n'altère en rien l'intégrité du Coran en tant que Message Divin.

II/-SUR LE PLAN THÉOLOGIQUE:

Le frère Bruno Bonnet à défaut d'admettre la révélation faite à Mohammed pour des raisons dogmatiques tout à fait compréhensibles et c'est son droit, il reconnait à Mohammed une grande érudition mais en réalité c'est plus qu'une érudition de connaitre par c?ur l'ancien et le nouveau testament et les 60 apocryphes circulants sans parler de la tradition rabbinique, il voulait dire que Mohammed était une bibliothèque mobile, car le Coran serait confectionné à partir de toutes ses références !!!! Le comble c'est quand Frère Bruno attribut à l'auteur du Coran aurait créer à mesure la langue arabe à partir de l?herbeux et l'araméen, donc non seulement qu'il a plagié la Bible mais en même il a créer une nouvelle langue, l'arabe !! ( minute 21:35), sachant que l'arabe est probablement d'origine Nabatéenne ( http://www.typographie.org/trajan/arabe/arabe_0.html).

Il faut reconnaitre à notre exégète d'avoir bien saisi la profondeur du Message Coranique, la preuve en est , quand il parle de la négation du péché originel et donc le barrage en avale à l'idée d'un sacrifice pour racheter l'humanité  et ceci contrarie la foi de notre Frère Bruno, ne dit-il pas qu'on est brisé ? Bravo pour la neutralité scientifique !

Cette négation du péché originel est a nuancer tout de même, car le Coran mentionne bien la faute attribuée et partagée par Adam et Eve, une faute pardonnée par Dieu par la suite, contrairement à ce que dit la Bible dans Genèse avec le serpent qui traine un peu partout au point de voiler le discernement de notre frère Bruno qui traduit le mot ?????? "ya'a-Qiloune" par "ne soyez pas tortueux" !!!!

Alors que son usage dans tout le reste du texte coranique ne colle pas du tout avec cette interprétation (ne soyez pas tortueux)?

Pour faire correspondre - à toux prix-les propos de Mohammed avec ceux de Jean le Batiste.

Les autres parallèles entre la Vache et l'agneau pascal sont également tirés par les cheveux.

Quand Il est cite Nazareth(12,43) en parlant des Nazaréens (ou Nozoréens suiveurs de Jésus) comme si l'existence de Nazareth avant le 3è s était un fait incontestable avec comme arrière pensée que Jésus est nommé le Nazoréen car il serait de Nazareth !

-La doctrine des Nazaréens: http://data.over-blog-kiwi.com/0/40/19/00/201302/ob_0acfb9_4-la-doctrine-des-nazareens.pdf

-Un article intéressant sur le courant Nazaréen: http://bcrfj.revues.org/229

-Cliquer ici pour voir si Jésus est originaire de Nazareth  ? http://data.over-blog-kiwi.com/0/40/19/00/201302/ob_77be3110c2761211680702251cf54875_1-ou-est-ne-le-christ.pdf


Mohammed n'a jamais prétendu apporter une nouvelle religion, et les musulmans éclairés le savent  très bien, en effet le prophète n' a été envoyé que pour rétablir la vérité sur la primauté de l'alliance de Dieu via Ismaël et sa descendance par le culte et par la circoncision :

« " Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c'est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis. " [...] Alors Abraham prit son fils Ismaël [...] et Ismaël, son fils, avait treize ans lorsqu'on circoncit la chair de son prépuce. Ce jour même furent circoncis Abraham et son fils Ismaël. » (Gn 17, 10. 23-26).  voir aussi : http://www.forum-religion.org/islamo-chretien/l-alliance-c-est-aussi-avec-ismael-t23890.html

Les rabbins ont voulu à tout prix donner la primauté à Isaac en modifiant les écritures qui par ailleurs peut être prouvée de manière irréfutable y compris par les adeptes de la contre réforme catholique eux mêmes:

http://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/archeologie-biblique/les-decouvertes-de-qumran-et-le-moyen-testament/a-la-source-de-lancien-testament-du-moyen-et-du-nouveau-testament/

La Bible même témoigne de la primauté du FILS PREMIER NE  (http://saintebible.com/exodus/13-2.htm)

Le Coran est venu également pour corriger le dogme trinitaire tout en donnant au Messie la place qu'il mérite en tant qu'un homme crée par le verbe envoyé dans le sein de Marie et le fait d'être secondé par l'Esprit Saint, qui est aussi une créature de Dieu.

C'est dommage que l'Esprit saint n'a pas ouvert les yeux de notre frère Bruno (et il ne pourra le faire car le c?ur est scellé par la dogmatique) pour comprendre que l'auteur du Coran était vraiment inspiré par Dieu et n'a fait que rétablir la religion d'Abraham et de tous les prophètes, qui a été travestie par les Rabbins et les Prêtres, mais surtout à la source par l'apôtre auto proclamé Saul de Tarse selon sa pseudo révélation sur le chemin de Damas; après avoir persécuté sans relâche les vrais apôtre de Jésus comme son frère Saint Jacques..... , pour créer une religion d'état et faire plaisir aux Païens.

En effet c'est TRÈS COOL , plus besoin de s'embêter avec la circoncision ni avec les interdictions hébraïques, il suffit juste croire à la résurrection de Jésus en Christ rédempteur et le salut est garanti........il faut reconnaitre que c'est très séduisant comme religion pour les "gentils".

Pour aller plus loin et comprendre l'ouvre de Saint Paul, qui a aveuglé notre érudit de la Contre réforme catholique du 21è siècle (jugée par le cathos comme sectaire, et cela n'est pas important en soit) :

a)-Religion à mystères préparant le PATCHWORK du dogme chrétien:

http://jacques.prevost.free.fr/cahiers/cahier_35.htm

http://lechemindroit.webs.com/apps/videos/channels/show/182165-les-mysteres-de-jesus-christ

b)-La réalité de Saint Paul copier-coller le lien en entier :

http://blog.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/paul-de-tarse/ saint-paul-un-antechrist


NB: Dans la Genèse Dieu dit que le signe de l'alliance perpétuelle entre Abraham et sa descendance est LA CIRCONCISION. Or, Paul a abolit cette alliance perpétuelle en disant que ce n'était plus obligatoire car il s?estime plus compétant que tous les prophètes y compris Jésus qui affirme qu?il est venu non pas pour abolir mais pour accomplir la loi et les prophètes, comme le fera Paul par la suite toute en se réclamant de Jésus !!!

Genèse 17:7-10 : J'établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations: ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi. Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu. Dieu dit à Abraham: Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, selon leurs générations.C'est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis.

Mais Paul l'apôtre autoproclamé a abolit cette alliance PERPÉTUELLE !!!! Ce commandement de la Loi pratiqué par tous les prophètes y compris Jésus lui même.

Maintenant il appartient au lecteur sincère de Juger Paul de Tarse à l'aune des paroles de son maitre Jésus qui disait à ses disciples :

Mathieu 5:18-19 : ?18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. 19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.

Paul a supprimé non pas un petit mais un grand commandement, il a rompu l'alliance perpétuelle, c'est au lecteur d'en tirer les conséquences .

Enfin Lisons la parole du Maitre Jésus dans  Matthieu 7.21-23: Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité.

Évidemment les prêtres essaierons toujours d'interpréter ses versets selon leurs passions pour leur faire dire tout un autre sens alors qu'ils sont très clairs pour toute âme douée d'un minimum de discernement.

Lire aussi notre page : Le coran est les thèses orientalistes

LE CORAN PLAGIAT BIBLIQUE ?

L’Islam se présente  comme une religion parente au Judaïsme et au Christianisme et se définit comme étant la continuité de ces deux religions tout en étant un retour aux préceptes d’Abraham. L’auteur étant le même : Dieu, donc forcément des similitudes peuvent exister. Seulement nous les musulmans nous croyons que la Bible a été altérée. Cette modification a été humaine et pour plusieurs raisons (visiter ce site pour plus de détails)

Au niveau forme et structure linguistique, l’Ancien Testament contient une prédominance de la narration des prophètes antérieurs et de l’histoire du peuple d’Israël et spécialement Abraham et Moïse.

Le Nouveau Testament avec ces quatre Évangiles constituent la biographie de Jésus avec ses missions, ses actes, ses propos et son projet réformateur de l’Ancien Testament.

Le Coran est différent, il est écrit à la première personne et de la première à la dernière sourate, c’est Dieu qui parle et Mohammed (s) n'y est pratiquement pas présent

D’après les critiques, et pour avoir rédigé le Coran, le Prophète Mohammed (s) est supposé être fin connaisseur de l’Ancien Testament, ainsi que

 

La Tanakh qui englobe :

* La Torah (la Loi, en Cinq Livres – Pentateuque),

* Les Nevi'im (les Prophètes) et

* Les Ketouvim (les Écrits ou Hagiographes).

De même il était sensé connaître le Talmud constitué de

* la Mishna

* le midrash

* la Gémara

Pour ce qui est le Nouveau Testament, il est sensé connaître :

* les quatre évangiles,

* les Actes des Apôtres,

* les 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse et d'autres épîtres, dites catholiques attribuées à d'autres disciples,

* l’Apocalypse selon Jean de Patmos.

* et surtout les apocryphes et il y'en a des dizaines.

 

Pour se faire, Mohammed (s) devrait être en lui-même une bibliothèque mobile parce le Coran a été confectionné à partir de tous ses écrits. Selon les dires, Les récits du Coran contient des bribes et un peu de tout et de partout.

Mais et en dépit de ses connaissances théologiques Mohammed (s) nous a présenté un Coran différent des anciens écrits Abrahamiques et même parfois sur des points qui sont très importantes pour le christianisme et le judaïsme.

Le Coran contient des différences parfois très importantes par rapport aux récits bibliques :

 

Le Coran

La Bible

 

Adam et Eve ont mangé ensemble le fruit interdit et par la suite ils se sont repentis et ont demandé pardon au créateur qui leur a accordé sa miséricorde.

 

Eve a incité Adam au péché et ce dernier accusa devant Dieu Eve d’être la responsable de leur faute.

 

Le père d’Abraham se nommait "Azer",

 

"Terah"

 

Le souverain de l’Egypte à l’époque de

Joseph est un Roi et porte le titre de Pharaon à l’époque de Moise, ce qui a été confirmé par les Egyptologues. Le Titre de Pharaon n’est apparu qu’à partir du Nouvel Empire

 

emploie le mot Pharaon pour désigner le souverain d'Egypte à l'époque d’Abraham, de Joseph et de Moïse (parfois elle évoque le Pharaon en tant que Roi).

 

 

Salomon n'a jamais adoré des idoles, David n’a jamais péché, Lot n’a jamais commis d’inceste avec ses filles et même Aaron est innocent d’avoir crée le Veau.

 

Salomon a adoré des idoles, David a péché, Lot a commis l’inceste avec ses filles et même Aaron était inculpé d’avoir créé le Veau.

 

Décrit le meurtre d'Abel par son frère Caïn et montre la façon d’ensevelissement du corps

 

N’est pas du tout évoqué

 

L'un des fils de Noé refusa d'entrer dans l'Arche et se noya.

 

Les trois fils de Noé entrèrent dans l'Arche et furent sauvés du déluge

 

L'Arche s'immobilisa au sommet du mont Joudi

 

le Mont Ararat

 

Abraham offrit en sacrifice Ismaël

 

Abraham offrit en sacrifice Isaac

 

 

Qu'Abraham eut deux épouses

 

qu'il en eut trois.

 

 

Moise a été adopté par la femme du Pharaon

 

 

que c'est la fille de Pharaon

 

Que Hamann vécut en Égypte au temps de Moïse (confirmé par l’Archéologie moderne

 

qu'il a vécu en Perse au temps du roi Assuérus.

 

Jésus est né sous un palmier

 

 

c'était dans une étable

 

 

Comment donc le Prophète Mohammed (s), qui devait maîtriser les écrits anciens avait-t-il commis de telles erreurs sur des éléments et informations aussi basiques de la Bible ?

D’autre part, aucune raison (même celle d’un projet politique) n’aurait poussé le Prophète Mohammed (s) à modifier ces récits, il lui aurait été plus facile de garder la même version biblique pour attirer plus d’adeptes judéo-chrétiens.

 

 

 LE CORAN CONTIENT AUSSI DES RECITS QUI NE FIGURENT PAS DANS LA BIBLE

- Houd envoyé à la ville d’Iram qui vient d’être archéologiquement découverte récemment.

- Salih prophète de la tribu Thamud dont les vestiges archéologiques ont été identifiés à Madain Salah

- Shouayb à son peuple de Madian, il a assimilé dans l’ancien testament à Jethro beau-père de Moise.

 

Par ailleurs d’autres récits coraniques sont relatés dans les textes Apocryphes tel que :

-Le récit du Tirage au Sort pour désigner celui qui devait assurer la garde de Marie encore enfant est relevée dans l’Evangile de Jacques .

-Le récit du miracle de Jésus de l'oiseau de glaise est relaté dans l'Evangile de l'Enfance considéré comme apocryphe

-Le Coran contient plusieurs versets dans lesquels  Dieu corrige certaines décisions du Prophète et l’a ouvertement réprimandé. Comment se fait-il que Mohammed (s) écrit un livre et autocritique sur ses propres actes !?.

-Pourquoi le Coran ne contient pas–à l’instar de la Bible- les noms des personnes les plus aimées par Mohammed tel que sa femme Aïcha ou son ami Abou Bakr  ?

-Enfin, il est très clair pour toute personne qui connait, un minimum  langue arabe de constater la flagrante différence de style entre les versets du Coran et les Hadiths   s'ils étaient du même auteur, ils auraient eu sûrement des similitudes. De notre point de vue, le Coran est l’ultime alliance de Dieu envers l’humanité, il est venue corriger les écritures de l’ancien et du nouveau testament à cause de nombreuses manipulations effectuées par les Rabbins et les prêtres, ci-dessous vous trouverez un résume de certaines corrections apportées par le Coran au texte Biblique  (adapté d’après le site http://www.aimer-jesus.com/coran_corrige_bible_centre.php)

 

Question

Réponse de la Bible

Réponse du Coran

Dieu  a-t-il besoin de se reposer ?

Car en six jours l'Éternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il a cessé son œuvre et il s'est reposé.

Exode 31.17

En effet, Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver la moindre lassitudeCoran 50.38

Dieu ressemble-t-il  à ses créatures ?

Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance Génése 1.26

Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, le Clairvoyant. Coran 42.11

Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. 
4. Et nul n'est égal à Lui».Coran 112.3

Dieu peut-il oublier ?

Jusques à quand, Éternel! m'oublieras-tu sans cesse? Psaumes 13.2

Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubliCoran 20.52

Dieu a-t -il besoin de sommeil ?

Réveille-toi! Pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi! ne nous repousse pas à jamais! Psaumes 44.23

 

Réveille-toi, réveille-toi pour me faire justice! Mon Dieu et mon Seigneur, défends ma cause! Psaumes 35.23

Dieu ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "al-Qayyum».

 

Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissentCoran 2.255

Dieu est-il sourd ?

Jusqu'à quand, ô Éternel?...

J'ai crié, Et tu n'écoutes pas

habacuc 1.2

Certes, mon Seigneur entend bien les prières. Coran 14.39

 

Et si tu élèves la voix, Il connaît certes les secrets, mêmes les plus cachésCoran 20.7

Dieu demanderai-t-il d’agir avec perversion

envers les pervers ?

 

Avec celui qui est pur tu te montres pur, Et avec le pervers tu agis selon sa perversité.2Samuel 22.27

Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Dieu l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents Coran 4.135

Dieu commanderait-t-il la turpitude ?

Je ferai même trouver grâce à ce peuple aux yeux des Égyptiens, et quand vous partirez, vous ne partirez point à vide. 3.22  Chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui demeure dans sa maison des vases d'argent, des vases d'or, et des vêtements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles. Et vous dépouillerez les Égyptiens. 12.35  Les enfants d'Israël firent ce que Moïse avait dit, et ils demandèrent aux Égyptiens des vases d'argent, des vases d'or et des vêtements. Exode

 

Dis : « [Non,] Dieu ne commande point la turpitude. Direz-vous contre Dieu ce que vous ne savez pas ? » Coran 7.28

Certes, Dieu commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. Coran 16.90

 

Dieu fait-il juger une personne pour le péché commis par ses parents ?

Préparez le massacre des fils, A cause de l'iniquité de leurs pères! Esai 14.21

Chacun n'acquiert [le mal] qu'à son détriment : personne ne portera le fardeau (responsabilité) d'autruicoran 6.164

 

Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi. Romains 3.28

Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire : «Nous croyons ! » sans les éprouver ?

Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux; [Ainsi] Dieu connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. Coran 29 :2-3

Celui qui est croyant est-il comparable au pervers ? (Non), ils ne sont point égaux. 




Ceux qui croient ET accomplissent les bonnes œuvres, auront leur résidence dans les Jardins du Refuge, en récompense de ce qu'ils œuvraient. Coran 32 :18-19

 

Dieu le transcendant

a-t-il eu besoin d’engendrer un fils ?

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils uniqueJean 3.16

 

Je publierai le décret; L'Éternel m'a dit: Tu es mon fils! Je t'ai engendré aujourd'hui.

Psaumes 2.7

 

Dis : «Il est Dieu, Unique. Dieu, Le Seul à être imploré pour ce que nous désironsIl n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Et nul n'est égal à Lui».Coran 112:1-4

 

Et ils ont dit : «Le Tout Miséricordieux S'est attribué un enfant ! »  Vous avancez certes là une chose abominable ! 
Peu s'en faut que les cieux ne s'entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s'écroulent, du fait qu'ils ont attribué un enfant au Tout Miséricordieuxalors qu'il ne convient nullement au Tout Miséricordieux d'avoir un enfant !

Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, [sans exceptions], en serviteurs. Il les a certes dénombrés et bien comptés. Et au Jour de la Résurrection, chacun d'eux se rendra seul auprès de Lui. Coran 19.88

LE CORAN PLUS VIOLENT QUE LA BIBLE ?

Souvent on reproche aux musulmans que leur Dieu, Allah est violent en sélectionnant des versets Coraniques, coupés des versets avant et après pour faire valoir l’idée que le Coran incite à la violence est la haine.

Le Jihad est devenu un terme très médiatique, trop souvent improprement traduit par guère sainte, notion qui n'existe nul part dans le vocabulaire coranique. Le mot Jihad est dérivé de la racine JAHADA qui signifie le fait de fournir des efforts, œuvrer pour le bien, s'appliquer avec zèle, se consacrer ...mais en aucun cas le mot Jihad n'exprime le fait de faire le combat physique.

Les détracteurs de l'islam vont souvent sélectionner des versets coraniques ou même des portions de versets (en rouge plus bas) pour dire que l'islam est intrinsèquement violent et pour cause disent-ils, que le texte coranique renferme des appels à la guerre et au meurtre à l'encontre des non musulmans.

Cette lecture sélective est utilisée en premier lieu par les extrémistes musulmans eux mêmes, pour justifier leurs actions terroristes, le considérant comme l'application d'un ordre divin donné par Dieu dans le Coran en faisant abstraction de circonstances historiques ayant conduit les premiers musulmans à se défendre pour leur survie.


1-Les versets qui régissent la guerre dans le Coran

Au total 10 versets sur 6234 traitent des règles de la guerre en islam qui est avant tout une guerre défensive, même si après le décès du prophète(s), les musulmans n’ont pas suivi les recommandations du Coran et ont utilisé la guerre à des fins expansionnistes.

1-Sourate 22 :39-40

-"Autorisation (de se défendre) est donnée à ceux qui sont attaqués - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir

-Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, - contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient: «Dieu est notre Seigneur».

- Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Dieu est assurément Fort et Puissant.


2-Sourate 2 : 190-193

-" Combattez (quattilou ) dans le sentier de Dieu, ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Dieu n’aime pas les transgresseurs!

-Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés: l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants

-S’ils cessent, Dieu est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

-Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Dieu seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injuste.

3-Sourate 8 :61-62

-" Et s’ils inclinent à la paix, incline toi aussi vers celle-ci et place ta confiance en Dieu, car c’est Lui l’Audient, l’Omniscient. (61) Et s’ils veulent te tromper, alors Dieu te suffira. C’est Lui qui t’a soutenu par Son secours, ainsi que par (l’assistance) des croyants.

4-Sourate 9 : 4-7

-A l'exception des associateurs avec lesquels vous avez conclu un pacte, puis ils ne vous ont manqué en rien, et n'ont soutenu personne [à lutter] contre vous : respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu'au terme convenu. Dieu aime les pieux.

-Après que les mois sacrés expirent (à la fin du ou à la rupture de la trêve), tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.

-Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole de Dieu, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas.

-Comment y aurait-il pour les associateurs un pacte admis par Dieu et par Son messager? A l'exception de ceux avec lesquels vous avez conclu un pacte près de la Mosquée sacrée. Tant qu'ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. Car Dieu aime les pieux.  Fin de citation

 

2-Les Versets violents de la Bible


Si on adopte la même méthode sélective à la Bible, le résulta est pour le moins consternant pour ne pas dire choquant. Prenons l’exemple de quelques grands prophètes de l’ancien testament, qui au nom de Dieu s’adonnent à des violences sans commune mesure avec ce qu’on peut trouver dans le Coran :

- Abraham, l’Ami de Dieu, fit la guerre, prit du butin (Genèse 14) et eut plusieurs concubines.


- Jacob pratiqua la ruse (la taqya) pour voler la bénédiction de son frère (Genèse 27), était polygame, eut plusieurs femmes et concubines, fit la guerre (Genèse 48, 22), et savata même Dieu en combat singulier ! (Genèse 32)


- Les fils de Jacob pratiquèrent également la ruse afin de massacrer ceux qui avaient violé leur sœur Dina, firent la guerre, prirent du butin et des captives de guerre c’est-à-dire des esclaves sexuelles (Genèse 34)


- Moise ordonna aux enfants d’Israël de dépouiller et de voler les Egyptiens avant l’Exode (Exode 3, 21-22 + Exode 11, 2-3 + Exode 12, 35-36),

- Il fit exécuter 3000 juifs qui avaient idolâtré le Veau D’Or (Exode 32, 27-28),

- Il fit lapider ceux qui avaient profané le Nom de Dieu (Exode 24, 14), de même que ceux qui avaient violé le Sabbat (Nombres 15, 32-36),

- Il fit exécuter 24 000 juifs qui avaient couché avec des femmes païennes (Nombres 25, 9),

- Il avait une armée de plus de 600 000 soldats c’est pour cela que la Bible dit que « Moise jetait l’effroi et la terreur sur ses ennemis » (Dt 2, 25)

- 603 550 soldats lors du premier recensement (Nombres 1, 46) et plus que 601 730 soldat lors du Deuxième recensement (Nombres 26)

- Qu’a-t-il fait avec tous ces soldats ? il a commencé des guerres d’extermination radicales. Moise combattit donc les Cananéens et les extermina (Nombres 21), il chassa et extermina les Amorites de leurs pays (Nombres 21, 24-31) et le texte précise bien qu’il ne restait « pas un seul survivant », il tua hommes, femmes et enfants (Dt 2, 32-35) et garda le butin

- Il attaqua le roi du Bashân et extermina hommes, femmes et enfants de 60 villes fortifiées et d’un très grands nombre de villages, seul le bétail fut gardé comme butin de guerre (Dt 3, 2-7)

- Il extermina ensuite les Madianites avec 12 000 hommes. Il fit tuer tous les mâles adultes, il incendie toutes leurs villes et après que ses combattants lui eurent ramené le butin (c’est-à-dire les petits garçons, les femmes) il se fâcha ordonna qu’on tua tous les bébés mâles ainsi que les femmes non vierges et de ne garder que les filles vierges.

Le texte dit que celles qui survécurent étaient 32 000 petites filles qui furent partagés entre les israélites en tant que captives de guerre! (Nombres 31)

Le très réputé commentaire protestant de la Bible annôté nous dit qu’elles avaient moins de 12 ans ! Quoi qu’il en soit, s’il ne reste que 32 000 survivantes, on ne peut imaginer l’ampleur du carnage.

Moise aurait donc fait périr durant sa campagne militaire contre les madianites au minimum 100 000 personnes au Nom de Dieu.

- Moise donna l’exemple à Josué et lui dit qu’il devra faire exactement pareil de l’autre côté du Jourdain dans la terre promise par Dieu à Abraham (Dt 3, 21 et 28) c’est-à-dire qu’il devra anéantir jusqu’au dernier les 7 peuples dits maudits (Nb 27, 18-23 et Dt 12,2 et Dt 31, 7-8)

- Josué, l’élu de Dieu, commet des génocides incroyables. Il part à la conquête de Jéricho, tue hommes, femmes, enfants, vieillards et incendie toute la ville (Jos 6, 20-21) seule la prostituée Rahab et sa famille sont épargnés !

- Il attaqua ensuite la ville d’Aïe avec 30 000 soldats en pratiquant la ruse en tant de guerre (Josué 8, 4-9). Il fait tuer au Nom de Dieu hommes, femmes, enfants, prends du butin et incendie toute la ville. Total des victimes de Josué sous la bénédiction de Dieu : 12 000 victimes (Jos 8, 25) !

- Il attaqua ensuite les villes de Maqqéda, Livna, Lakish, Guezar, Eglon, Hébron, Dévir, tout le pays et à chaque fois le même procédé : Tous les habitants passent au fil de l’épée. Hommes, femmes, enfants. Tout le monde est exterminé au nom du Dieu d’Israël. Il fit cela avec 31 villes et partagea comme butin tout le territoire avec les tribus d’Israël !


- Moise apporta une loi (Exode 21) qui contient environ des dizaines de sentence de peine de morts, des peines de morts même contre les animaux,

- Une loi qui codifie l’esclavage, qu’un homme peut vendre sa propre fille, qui légifère la polygamie, qui inclut des châtiments corporels,

- Une loi qui légifère sur le butin, les esclaves sexuelles et les captives de guerre

- Une loi qui ordonne de faire passer au fil de l’épée tous les mâles d’une nation qui refuse de se rendre

- Une loi qui autorise de châtier par le feu (Lv 20, 14)

- Une loi qui ne donne le droit à l’héritage à la femme que si elle n’a pas de frères (Nombres 27, 8-11), et qui instaure que les vœux de la femme sont soumis au bon vouloir de l’homme (Nombres 30)


- Le prophète Elisée a maudit 42 enfants qui le traitaient de « chauve », le Dieu de la Bible répondit à son invocation en envoyant 2 ours déchirer ces enfants insolents ! (2 Rois 2, 23-24)


- Samson a aussi commis une attaque kamikaze, un attentat suicide approuvée par Dieu et il fit plus de 3000 milliers de morts (Juges 16, 23-30)


- David tua Goliath et lui trancha la tête (1 Sam 17, 51) de même qu’il tua les meurtriers du fils de Saül et mutila leurs corps en leur coupant les mains et les pieds (2 Sam 4, 12)


- David a commis une véritable Shoah dans la Bible, il extermina totalement les Ammonites en les découpant avec des scies, des herses et des haches et les fit jeter dans des fours à brique ! (1 Ch 20, 3 & 2 Sam 12, 31)


- David extermina 22 000 Syriens et il asservit le reste en leur faisant payer l’impôt de capitation/la Jizya (2 Samuel 8, 5-6) et extermina de même 18 000 Edomites et les assujettis en leur faisant payer la Jizya (2 Samuel 8, 13-14) et il plus tard il massacra également 40 000 Syriens (2 Samuel 10, 18)


- David fit sournoisement assassiner son général Uri afin de commettre l’adultère avec sa femme Bath-Schéba (2 Sam 11) transgressant ainsi 3 des plus grands commandements de la Torah (tu ne tueras pas, tu ne commettras point d’adultère et tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain) ! Pourquoi Dieu ne l’a pas châtié par la peine de mort ?


- David tua 200 Philistins, mutila leurs corps, coupa leur prépuce pour les remettre au Roi Saül afin qu’il lui donne sa fille Mical pour femme (1 Samuel 18, 27). Quelle étrange dot pour un mariage !


- La Bible nous dit dans 1 Rois 15, 5 que « David avait fait ce qui est droit aux yeux de l'Éternel, et il ne s'était détourné d'aucun de ses commandements pendant toute sa vie, excepté dans l'affaire d'Urie, le Héthien. » Sauf l’histoire de l’adultère, tous les massacres de David étaient droits aux yeux de l’Eternel !


- Le Prophète Elie n’est pas en reste puisqu’il égorgea les 450 prêtres de Baal (1 Rois 18, 19 et 40)


- Tous ces massacres ne doivent pas nous étonner car nous lisons dans la Bible :

« Maudit soit celui qui fait avec négligence l’œuvre de l’Eternel, maudit soit celui qui éloigne son épée du carnage » (Jérémie 48, 10)

- Comment peut-il en être autrement alors que l’auteur de l’épitre aux hébreux affirme dans son chapitre 11 que David, Samson, Samuel et les prophètes furent justifiés par leur foi et non par leurs actes et qu’ils pratiquèrent la justice et qu’ils furent vaillants à la guerre ! (Hébreux 11, 32-34)

- Nous apprenons également dans le Nouveau Testament, dans le livre des Actes des Apôtres que le Saint Esprit acheva Ananias ainsi que sa femme !parce qu’ils n’avaient pas donné tout l’argent de la vente de leur propre terrain à Pierre (Actes 5, 1-11) ! Le texte appelle ça « prodige et miracle ».


Tous ces « bons fruits » que je viens de citer se trouvent dans la Bible et donc sont approuvé par Jésus-Christ qui est venu accomplir et non pour abolir les lois et les prophètes ! (Mt 5 :17)


Enfin laissons le lecteur méditer sur la parole de Jésus citée dans l’Evangile selon Mathieu3 : 7 « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? »

 

 

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